SCÈNE III
ALCIONE, seule.
Quelle plus belle histoire et quelle autre aventure Sera plus mémorable à la race future?
Cette belle Angélique , au sein de son Médor,, Va d'un siècle de fer se faire un siècle d'or, Et trouver chez les siens cette fortune entière Où cessent les désirs par faute de matière; L'autre désespérée , errante au gré du sort , Et qu'Alexandre suit, semble encor loin du port. Mais l'enfant immortel qui gouverne sa flotte, Quelque jeune qu'il soit, est un savant pilote } Il sait en quel endroit elle viendra surgir, Et s'acquittera bien du soin de la régir* Enfin tous sont partis, et m'ont laissé la gloire D'avoir sans mon dommage eu part en leur histoire. Puissent-ils moissonner un long siècle de fleurs I Qu'ils aillent, et qu'aux ris enfin cèdent les pleurs.
(Elle sort.)