SCÈNE IV
D. LOUIS, seul
Arrivé sur le lieu fatal aux téméraires
Qui font des lois d'honneur d'un faux zèle de père ,
Derechef je t'atteste, auteur de l'univers,
S'il est vrai qu'à tes yeux nos secrets soient ouverts.
Toi qui des armes tiens l'équitable balance.
Que forcé je me rends à cette violence,
Que je viens innocent, où l'honneur me conduit.
De leur témérité payer le triste fruit.
Tu sais si j'ai donné , receleur de leur race ,
Une juste matière à leur sotte menace ;
Tu connois si j'eus part au dessein de mon fils ,
Et tu peux témoigner des plaintes que }'en fis.
A-t-on vu jusqu'ici que du nom des Adornes
D'une étroite vertu nul ait passé les bornes?
A-t-on vu rien à dire et rien à désirer
A cet antique honneur qui les fait révérer?
Non, jusques à tel point cette injure me touche,
Qu'elle étouffe ma voix et me ferme la bouche ;
Et de telle fureur je me sens enflammer,
Que mon cœur par mes mains brûle de s'exprimer.
Ce bras est propre encore à servir mon courage ;
Sa force passera la promesse de l'âge :
Une juste colère en un mourant Éson
Produira les effets d'une verte saison^
Ce fer a quelquefois lâché des coups funestes:
Poussé d'une vigueur qui laisse cncor des restes,
L'âge affoiblit mon cœur, mais il est toujours haut ;