X B. SANCHE
Certes, à bien parler d'une telle aventure,
A peine imaginable à la race future ,
A bien considérer ses étranges ressorts ,
La force de sa cause excède tes efforts.
Ta fuite et ton retour d'un sort inévitable
Sont trop visiblement l'effet indubitable;
Tu ne cours pas au mal, tu t'y laisses traîner;
Et le vice contraint ne se peut condamner.
Participons , ma fille ,' à leur aise commune ;
Ta faute n'est pas tienne , elle est de la fortune.
Tant s'en faut que ma haine accroisse tes malheurs ,
Qu'au lieu de châtimens ils m'arrachent des pleurs.
(Aux ArcJiers.)
Ah! brisez, mes amis, cette importune chaîne: L'amour causant son crime a fait aussi sa peine. Tome III. 35
(A Alexandre.)
Et vous , qui l'honorez de votre affectioD , Tenez-lui lieu de prix et de punition.
Acquérez sur ses vœux un immortel empire; Qu'elle vous aime seul et pour vous seul soupire.
D. HENEI.
Cet heur nous arrivant, quelle prospérité Ne seroit au-dessous de ma félicité ?
ALEXANDRE , à Léocodie.
Coupable vous parliez, juste étes-vous muette, Et refusez vous grâce après qu'on vous l'a faite? Âurai-je en vain, porté sur les ailes d'Amour, Couru pour vous chercher tous les lieux d'alentour? Vous ai-je en vain trouvée au péril de ma vie, Et par vous-même encor me serez-vous ravie ? Cet œil en ma faveur ne luira-t-il jamais?
LEOGADIE.
On me donne la vie et je vous la soumets; Payant à votre amour, j'obéis à mon père.
ALEXANDRE
0 ciel! que tu me ris, et que tout m'est prospère!
( Embrassant son père.)
Mon père , pardonnez si l'heur de vous revoir A Tabord m'a trouvé si lent en ce devoir. Que je vous dois de vœux!
D. HENRI
Enfin en cette histoire , Chacun après la peine a sa part de la gloire; Mais sachons plus au long sa naissance et son cours , Et retrouvons Séville au bout de ce discours.