‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 363 sur 437 · ACTE V, SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VIL

D. ANTOINE, à Léocadie.

Que j'obtienne ma grâce avant que l'on commence.

THEODOSE

Et moi, puisque j'ai part en si belle alliance. Ne me défendez pas de m'en féliciter.

LEOCÂDiE , embrassant Alexandre* Il faut suivre son sort, on n'y peut résister: La main qui m'ôte Antoine et me donne Alexandre . Fait les nécessités d'être pris et de prendre.

PREMIER ARCHER

Quel fut notre malheur et notre aveuglenîent De ne juger pas mieux d'un objet si charmant? A notre erreur, madame, accordez notre grâce.

L^OCADIE.

C'est par vous que mon bien tout exemple surpasse ; Par vous la main du ciel a fait ces changemens. Et par vous j'ai des prix au lieu de chàtimens.

LAURE

TRAGI-COMÉDIE

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NOTICE

HISTORIQUE ET LITTÉRAIRE

SVR LAVIIB PERSéOUTJÊE.

Le roi de Hongrie destine à Orantëe son fils la main de l'infante de Pologne ; mais il ap- . prend qu'Orantëe est violemment épris de Laure^ dont la naissance est inconnue. Comme l'infante doit arriver le jour méme^ le roi se détermine à fairç arrêter son fils y et la pièce commence par l'exécution de cet ordre. Octave y confident du prince , sachant que le roi fait chercher Laure avec l'intention de la faire mourir , la soustrait à la colère du roi en la déguisant en page. Le roi parvient cependant à inspirer des soupçons jaloux à son fils sur la

ffSîi NOTICE

fidélité de Laure. Orantée passe ainsi successivement du courroux le plus vif au retour le plus tendre , et de ce tendre mouyement aux plus grandes fureurs. Enfin Laure est reconnue pour rhéritière légitime du royaume de Pologne. Les calomnies dont elle avait été la victime se dissipent , et le roi lui-même l'accorde au prince Orantée.

L'exposition de cette tragi-comédie peut être comparée à celle de Fenceslas pour la rapidité et l'intérêt puissant qu'elle inspire : il faut convenir cependant qu'il ne se soutient pas au même degré dans le cours de la pièce : elle renferme quelques scènes d une grande froideur, des situations romanesques , et des expressions de mauvais goût ; ce qui nuit sans doute au succès qu elle devait obtenir. Les éditeurs d'un recueil en douze volumes des meilleures pièces du théâtre français ne l'en jugèrent pas moins digne de faire partie de leur collection.

Le leicteur, par cette simple analyse, aura facilement reconnu le sujet d'Inès de Castro. Il est en effet impossible de croire que La Motte n'ait point connu la pièce de Rotrou : la nature du sujet , les caractères même des princi-

paux personnages 9 ont entre eux de grands traits de ressemblance dans les deux pièces ; et la supériorité de Touvrage de La Motte doit être principalement attrihuëe à l'ëpocjue pendant laquelle cet auteur ëcriyait..

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ACTEURS

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