SCÈNE III
Les mêmes; OCTAVE.
OCTAVE
Ah! faites que le roi ne vous rencontre pas, Madame; ni le ciel, ni la mort elle-même Refusant son secours à sa fureur extrême , Ne pourroient s'opposer à ce forcènement, Ni prolonger vos jours d'une heure seulement. Pour vous dire en deux mots quelle est votre misère, Ce prince est arrêté par l'ordre de son père, £t par cet ordre même on vous cherche partout; On court par le palais de l'un à l'autre bbut;' La porte' en est fermée , et contre sa pour&uite Ce seroit perdre temps que d'opposer la fuite: Cette recherche enfin ne tend qu'à votre mort.
LAURE
Eh hîen! il faut mourir si c'est l'arrêt du sort. Nul n'évite la tnort , plusieurs l'ont souhaitée : Après tout, c'est un fruit de l'amour d'Orantée.
OCTAVE
Un seul remèdç s'offre assez heureusement.
LAURE
Quel? .
De vous travestir.
ToM£ m. 36
56a LAUKE PERSÉCUTÉE,
LAURC.
Et de quel vêtement?
OCTAVE
D'un des pages du prince, et sous cet équipage Tenir lieu près de lui de maîtresse et de page : Celui qui le portoit est mort depuis trois jours. Mais il se faut hâter.
LAURE
Dieux ! soyez mon recours,
(Elle sort ayec Octave. )