‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 382 sur 437 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

OCTAVE, seul.

Je reconnois, Amour, ton pouvoir immortel;

Mon âme t'est un temple , et mon cœur un autel :

Mais n'en exige point ce honteux sacrifice;

Fais plutôt que l'autel et le temple périsse.

Moi, dieux, que j'aime Laure! Insolent Ixion^

Quel dessein et quel vol prendroit ta passion ?

Que je perde sans fruit, par cette perfidie,

L'amitié de mon prince eul'amour de Lydie!

Inutile, importun et coupable penser.

De quel trouble d'esprit me viens-tu traverser ?

O signe trop sensible et preuve trop certaine

Du pouvoir de l'Amour sur la foiblesse humaine !

Un homme peut commettre en la garde d'autrui

Son honneur, ses trésors , son plaisir, son ennui ,

£t ne rien réserver des secrets de son âme,

£t celui seul est fou qui confie une femme :

C'est là qu'il est fatal d'éprouver ses amis,

£t qu'on a hasardé ce qu'on leur a commis;

C'est là que pour soi-même on n'est pas trop fidèle ,

£t c'est de ce seul bien que l'avarice est belle.

58o LAURE PERSÉCUTÉE,

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