LE ROI, OCTAVE
' LE ROI
Dernier et seul moyen d'où dépend mon repos , Octave , qu'en ce lieu je te trouve à propos !
OCTAVE
Sire, aurois-je du sort reçu ce bon office Que je pusse espérer de vous rendre service ? De moi, sire, de moi dépend votre repos?
LE ROI
Oui , de toi si tu veux : mais écoute en deux mots. Quoique Fastre du jour, prêt à sortir de l'onde. Semble plus souhaitable aux yeux de tout le monde; Qu'alors que vers la mer, précipitant son cours, Avecque sa carrière il achève les jours; Du premier toutefois on n'a que l'espérance. Et de l'autre les yeux possèdent la présence : Le bien présent est sûr, les futurs sont trompeurs; Un changement de temps, un amas de vapeurs, Un vent , une tempête en un moment émue , Aux yeux qui l'attendoient peut dérober sa vue. T'expliquer maintenant cette comparaison, Connoissant ton esprit, seroit hors de saison.
OCTAVE
Le prince seroit-il ce soleil qui se lève. Et vous, sire, celui dont la course s'achève. Vous dont les jours à peine ont atteint leur midi, Dont rage le plus beau n'est pas encore ourdi?
LE ROI
Ayant compris mon sens, réponds à mon attente; Préfère au bien futur la fortune présente :