ACTE II, SCENE II
Et , guérissant un fou à sa perte obstiné , Rends-toi digne du rang que je t'ai destiné.
OCTAVE
Il n'est point de secret que le zèle n'inspire
Pour l'honneur de son prince et le bien de l'empire ;
Et, touchant ce dessein, j'ose engager ma foi,
Inviolable gage entre les mains d'un roi ,
Si d'un peu de bonheur le sort me favorise.
De conduire à l'effet cette juste entreprise.
Espérer de lui plaire, et présumer encor
Que cette Danaé se rende à des flots d'or,
C'est vouloir au soleil ôter de la lumière ,
Et chercher le matin au bout de sa carrière.
Il faut donc^ employer en cette occasion,
Au défaut de l'effet, l'art et l'illusion,
Et comme un enchanteur, par d'inconnus mystères.
Pour véritable corps &it passer des chimères,
Faire au prince abusé détester ses appas,
Lui faisant croire et voir ce qui ne sera pas.
LE ROI
Mais avec quoi payer cette faveur extrême ?
OCTAVE
Vous la payerez, sire, avecque Laure même; C'est le prix que je veux de ma fidélité Si je rends ce service à votre majesté.
LE ROI
Fais donc , dérobe T^aure , et Laure sera tienne : En l'ôtant à mon fils, fais qu'elle t'appartieatie ; ' Combats pour conquérir cette riche toison.
OCTAVE
Le zèle qui m'anime en sera le Jason.
(II sort.)