‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 385 sur 437 · ACTE II, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II

Et , guérissant un fou à sa perte obstiné , Rends-toi digne du rang que je t'ai destiné.

OCTAVE

Il n'est point de secret que le zèle n'inspire

Pour l'honneur de son prince et le bien de l'empire ;

Et, touchant ce dessein, j'ose engager ma foi,

Inviolable gage entre les mains d'un roi ,

Si d'un peu de bonheur le sort me favorise.

De conduire à l'effet cette juste entreprise.

Espérer de lui plaire, et présumer encor

Que cette Danaé se rende à des flots d'or,

C'est vouloir au soleil ôter de la lumière ,

Et chercher le matin au bout de sa carrière.

Il faut donc^ employer en cette occasion,

Au défaut de l'effet, l'art et l'illusion,

Et comme un enchanteur, par d'inconnus mystères.

Pour véritable corps &it passer des chimères,

Faire au prince abusé détester ses appas,

Lui faisant croire et voir ce qui ne sera pas.

LE ROI

Mais avec quoi payer cette faveur extrême ?

OCTAVE

Vous la payerez, sire, avecque Laure même; C'est le prix que je veux de ma fidélité Si je rends ce service à votre majesté.

LE ROI

Fais donc , dérobe T^aure , et Laure sera tienne : En l'ôtant à mon fils, fais qu'elle t'appartieatie ; ' Combats pour conquérir cette riche toison.

OCTAVE

Le zèle qui m'anime en sera le Jason.

(II sort.)

Page 1