ACTE II, SCÈNE Vï
Plus dignes de donner que d'emprunter le jour, Tout baignés qu'ils étoient de cette eau qui les lave , Se sont d'un seul regard fait un* illustre esclave, Un roi qui vous adore , et dont la passion Payeroit de son sang votre possession.
Des faveurs qu'on lui fait son rang ôte le crime; Jamais avec son prince on ne perd son estime; Laissez-vous enchaîner à des liens dorés , Et promettez le calme à ses sens égarés , Comme lui de sa part, après cette allégeance. Promet à votre honneur une prompte vengeance.
LAURE
iPTaccusons plus le sort , il a trop fait pour moi , Après tant de malheurs, si je plais à mon roi: La perte de l'honneur à son sujet soufferte Est à la plus honnête une honorable perte. Allez, assurez-le que sur ce peu d'appas Il est plus absolu que dessus ses états.
LE COMTE
Voilà sans trop attendre accorder ma requête, Et j'emporte à bon prix une riche conquête. Madame, assurez-vous que ce consentement Est à votre fortune un heureux fondement. Mais où promettez-vous du secours à sa peine?
Chez moi , d'où j'enverrai quelqu'un qui vous y mène.
LE COMTE
Et quand?
LAURE
Dès ce soir même. Adieu , car il est tard; Un des miens de ce pas vous viendra de ma part.
(Elle sort.)
Sgo LAURE PERSÉCUTÉE,