‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 39 sur 437 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les mêmes ; AGESILAN , sous le nom de DARAIDE,

ajrant Vépée au coté.

DARAÏDE.

Jugez par ma tristesse avec combien de peine

Je vais exécuter la fureqr de la reine.

Ce n'est pas qu'en effet l'honneur ne m'en soit doux;

Mais, 6 belle Diane! je m'éloigne de vous.

Plût au ciel qu'à vos yeux il me fallût combattre !

Ce seroit beaucoup moins me battre que m'ébattre ;

Tattaquerois sans peur le monstre le plus fier ,

£t je ne craindrois pas un bataillon entier.

Mais cet éloignement m'est un combat funeste

Oïl mes plaisirs mourront si la clarté me reste.

Il faut que je vous quitte , et c'est ce seul dessein

Qui m'a pu jusqu'ici mettre la peur au sein.

DIANE

Mon visage te dit, au défaut de ma bouche, Combien sensiblement cette absence me touche : Si je ne me flattois de Tespoir du retour, Je crois que ce départ me coûteroit le jour.

DARAlpE.

Sans trop de vanité , puis*je espérer la gloire De conserver un lieu dedans votre mémoire ?

6a AGÉSILAN DE COLCHOS,

DIANE

Ma chère fille , hélas ! te pussé-je exprimer

Le violent instinct qui me porte à t'aimer!

Appelle si tu veux ces ardeurs insensées y

Mais tu fais tous mes soins et toutes mes pensées;

Ma peine est incroyable , et j'éprouve en ce jour

Qu'il est des amitiés plus fortes que l'ampur.'

Quoi qu'il puisse advenir, souviens-toi que je t'aime,

Et crois qu'en t'oubliant je m'oublîrai moi-même;

Tu m'aurois offensée au delà du frépas,

Que ta Diane encor ne te haïroit pas.

Mais pour d'autres raisons cette absence m'afflige.

Quelle est cette action oîi ma mère t'oblige ?

Tu ne peux sans la mort de mon père ou de toi,

Et peut-être la sienne , accomplir cette loi.

Eviter l'une ou l'autre excède ton possible ^

Et l'une et l'autre m'est également sensible :

N'achever pas aussi ce que tu lui promet»

Seroit de cette cour te bannir pour jamais.

Dieux! quel est ce dédale? il faut que Daraïde

Tue ou perde le jour, meure ou soit homicide;

Qu'elle me soit cruelle , ou renonce à sa foi ;

Qu'elle m'ôte mon père , ou ne soit plus à moi»

BARAIDE.

Laissez-moi tous ces soins; ici, belle Diane, Votre amour me sera le filet d'Ariane, Souvent avec ^honneur d'autres se sont tirés De malheurs qui sembloient aussi désespérés : Préparez seulement votre esprit à ma grâce , Sur la confession qu'il faut que je vous fasse; - Mais sans que ces boutés se laissent altérer. . O secret important, te puis-je déclarer?

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