ACTE IV, SCENE II
DIANE
Celle dont Daraide absolument expose Ne lui peut-elle pas remettre toute chose?
DARAÎDE.
Ce discours toutefois, si vous ne. m'aimez bien
DIANE
Il ne me peut changer ; ne me déguise rien.
DARAÏDE.
Si j'avois fait outrage à vos célestes charmes, Poussé de faux soupirs, versé de feintes larmes. Et de lâches mépris souillé votre renom , M'aimeriez-vous assez pour signer mon parâon?
DIANE
Diane à t'obliger sera toujours si prête. Que tu verrois ce don précéder ta requête.
DARAÏDE.
Mais si je m'accusois de quelque trahison. Si j'avois pour vous perdre employé du poison, Ou de quelque autre effort menacé votre vie , Me pardonneriez-vous cette damnable envie ?
DIANE
Mon inclination m'y feroit consentir^ Sans même t'obliger au moindre repentir.
DARAÏDE.
Il est besoin encor d'une bonté plus rare.
DIANE
Quelle?
DARAÏDE.
, Si j'avois fait un acte plus barbare , Engagé votre sang, votre hoimeur, vos pays, Vos sujets révoltés , et vos parens trahis ?
DIAITE.
Je t'aimerois encore ^et perdant la lumière , J'accorderois ta grâce à ta moindre prière. Un seul point me pourroit toucher si vivement , Que l'on me Verroit vaincre à mon ressentiment.
DABAÎDE.
Quel est ce damier point?'
DIAICS.
La mort de Daraide :
Je ne pourrois assez haïr son homicide : Je punirois de mort, et sans exception, Quiconque auroit osé tenter cette action.
DARAÏDE.
Mais si, pour obliger un rival qui vous aime, Daraîde vouloit se défaire soi-même ?
JDIAICE.
Je l'aurois en horreur, et , même ùiprès sa mort, ' Youdrois tirer raison de ce brutal effort.
DARAIDE.
Cessez donc de l'aimer, préparez son supplice, . Car voici le moment qu'il faut qu'elle périsse : Ce rival est jaloux des chastes privautés Dont il la juge indigne, et dont vous la traitez. Souffrez qu'aucun obstacle à ses vœux ne demeure , Et que pour un amant une-'importune meure.
DIANE, coulant lui oter son épée.
O dieux! quel sort l'oblige à ce sanglant desseiû?- Arrachons-lui ce fer, sauvons-la.de sa main.