ACTE in, SCÈNE VIL 6oi
D'un qui pour s'engager se devroit parjurer? Libre , j'aurois assez d'ardeur et de courage Pour oser souhaiter ce glorieux servage ; Mais je dépends du prince, et cet engagement Me défend d'attenter à son contentement.
Ce désir te seroit une funeste envie ,
Et tout autre discours t'auroit coûté la vie.
L£ ROI
Eh bien, où fondez-vous votre fidélité?
Dessus cette foiblesse et cette lâcheté ?
LYDIE
L\\mour est* bien enfant quand , tremblant et timide y II prend ou la prudence ou la raison pour guide : Souffrons, puisqu'il est dieu, que tout lui soit permis, Sans respect de parens , de maîtres, ni d'amis; Car enfin que prétend avecque sa fortune, Ce prince dont l'amour si long-temps m'importune? Qu'il soumette ses vœux aux volontés du roi , Et me laisse à mon gré disposer de ma foi.
OCTAVE
Quoi ! Laure est infidèle ?
LYDIE
Octave est indomptable?
OCTAVE
De cette trahison mon cœur n'est pas capable.
ce Et me ilaisse à mon gré 4lispoBer de ma foi ! » Ah! c'est trop.
6o2 LAURE PERSÉCUTÉE,
LE ROI
Arrêtez.
Monsieur, permettez-moi.
« Car enfin que prétend avecque sa fortune , » Ce prince dont l'amour si long-temps m'importune ! »
LE ROI
Mon fils!
ORAiTTEB, tirant son épèe.
Souffrez, mcmsieur, que mon ju&te eourraux Venge
OCTAtE.
J'entends quelqu'un.^ Laure, retirons-nous.
(Octave et Lydie se retirent.)