ACTE Iir, SCÈNE X
OCTAVE
Et de qui savez-vous que Laure est infidèle ?
CRANTÉE.
Tu le cèles encor ? De Laure , traître , d'elle ; Elle te vient d'offrir la foi que j'en a vois , Et j'aurois démenti tout autre que sa voix.
OCTAVE
Quoique instruit de sa vie, il est vrai, je l'ai tue, Comme triste nouvelle et toujours trop tôt sue : Ce qui doit affliger surprend toujours assez.
ORANTEE.
Quoi! mes bienfaits futurs, mes services passés, Tant d'obstacles franchis, des transports si sensibles, Signes de mon amour si clairs et si visibles, Sont de trop foibles nœuds pour arrêter sa foi? Mon amour l'importune ? Âh ! je meurs; soutiens-moi.
OCTAVE
Il faut faire paroître au regret qui vous presse Autant de fermeté comme elle a de foiblesse.
ORANTÉE.
Sexe ingrat!
OCTAVE
Il est vrai que depuis quelque jours Je suis persécuté de ses folles amours ; Mais tout autre s'offrant seroit prêt à lui plaire. Elle ne fait refus ni n'en sut jamais faire ; Vous manquez une place où mille ont réussi.
ORAITTÉE.
Puls-je ojuîr ce discours? Effronté, sors d'ici!
6o8 LAURE PERSECUTEE,
OCTAVE
Je m'en vais.
N on , reviens, j'oublîrai cette ingrate : Mais il ne peut encor que ma douleur n'éclate. Cherche quelqu'un des miens.
OCTAVE
En ce ressentiment, Au moins n'attentez ri^.
oraitt'ee.
If on , fais tôt seulement.
-( OctaT« sort. )