SCÈNE XL
ORANTÉE, seul.
Avec quelle constance, au courroux qui m'anime,
De ma divinité Terai-je ma victime?
Faut-il donc ruiner le temple ou j'ai prié ,
Et démolir l'autel où j'ai sacrifié?
Puis-je, l'ayant aimée à l'égal de moi-même,
D'un extrême sitôt passer à l'autre extrême ?
Non , sortez de mon sein , vains projets que je fais :
Je l'aime au plus haut point que je l'aimai, jamais.
Je sais que ma constance, après un tel outrage.
Est bien moins un excès qu'un défaut de courage,
Et que le souvenir de sa déloyauté
Est un honteux reproche à mon honnêteté ;
Mais le mal que je sens ressemble à ces ulcères
Qui par quelque accident deviennent nécessaires,