SCÈNE IL
OCTAVE, CRANTÉE.
OCTAVB.
Le prince, en cette triste et soudaine retraite y Ne m'a pas sans dessein sa présence soustraite : Il proposoit en vain de ne la revoir plus ; Ses fers sont allongés , mais ne sont pas rompus ; Des rivières plutôt, pour monter vers leur source,. Contre leur naturel, rebrousseroient leur course, Que, pour quelque dépit qui rebute un amant, Il cesse d'incliner et tendre à son aimant»
ORAITTEE.
Qu'entends-je ?
OCTAVE
Quoi! seigneur, et si tard et sans suite!
ORAlTTléE.
Que veux*tu? sans dessein , sans conseil , sans conduite, Mon cœur, sollicité d'un invincible effort. Se laisse aveuglément attirer à son tort. Pour n'être pas témoin de ma folie extrême , Moi-même je voudrois être ici sans moi-même. Qu'un favorable soin t'amène sur mes pas! Saisi, troublé, confus, je ne me connois pas; Et ta seule présence, en ce besoin offerte. Arrête mon esprit sur le point de sa perte.
OCTAVE
Maudite trahison , source de ses douleurs , Que ta triste semence est féconde en malheurs!