ACTE IV, SCÈNE VIII
Faites paroître Octave, et sî son imposture
Vous laisse quelque doute ou quelque conjecture,
Ne vous contentez pas du fer ni du poison ,
Vengez-vous par le feu de cette trahison :
Considérez , seigneur , qu'il n'est adresse humaine
Que,^pour m'oter à vous et pour vous mettre en peine.
Après la paction qu'il vous fit arrêter,
Subtil au point qu'il est , le roi n'ait dû tenter ;
Et que s'il a d'Octave exigé cet office.
C'est sans doute un esprit assez plein d'artifice
Pour avoir su tirer de quelque illusion
Votre ressentiment et ma confusion.
Sainte fille du temps, sors du sein de ton père,
Et viens-t'en toute nue éclaircir ce mystère.
LYDIE j à genoux.
En dussé-je encourir votre juste fureur.
Grand prince, il faut que j'aide à vous tirer d'erreur:
Octave est en effet auteur de l'artifice ;
Mais il a prétendu vous rendre un bon office.
Et vous mettre à couvert des menaces du roi ,
Lui faisant voir qu'ailleurs Laure engageoit sa fbi :
Ses habits imités, et ma voix déguisée,
M'ont fait passer pour Laure en votre âme abusée :
Octave, l'ayant mise en son appartement.
Et s'étant oîi j'étois coulé secrètement ,
Me fit contribuer en son adresse extrême ,
Et , pour tromper le roi , vous abusa vous-même,
LAURE
Soyez bénis, ô dieux! de qui le juste soin Déjà pour mon honneur a produit un témoin.
6a8 LAURE PERSÉCUTÉE,