‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 431 sur 437 · ACTE-V, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE-V, SCÈNE VIII

Et n'osant de vos yeux soutenir la lumière, Je vous fais à regret cette digne prière , D'avouer votire arrêt en faveur d'un amour Qu'on ne nous peut dter sans nous ôter.le jour^ De servir qui vous nuit , et d'être favorable Aux sensibles tran'sports d'un amant misérable , . Qui , même en vous fuyant, n'a que vous de recours. Et qui, vous offensant, vous demande secours. Ainsi jamais souci ne trouble votre vie.

( Il se met à genoux.) LAUAE.

Ainsi votre fortune égale votre envie.

ORAIfTEE.

Ainsi rencontriez-vous au sein de mille rois Mille esclaves soumis au pouvoir de vos lois«

LAURE

Ainsi jamais la faux, qui détruit toutes choses, iTattaque de ce teint les œillets ni les roses.

ORANTIÊÉ.

Ainsi ces yeux, vainqueurs de la force du temps. Brûlent encor les cœurs ^efi l'hiver de vos ans.

ïiAtJRfi.

Ainsi sur vos sujets, sur vous et votre race, Le ciel à pleines mains verse à jamais sa grâce.

ORANTÉE.

Ainsi, si jamais reine eut des jours comblés d'heur, -De plaisir, de repos, d'estime, de grandeur, * ^ Soit aux siècles passés , soit au courant du nôtre , Son bonheur n'ait été que l'image du vôtre; £t le cours de vos ans soit aussi glorieux Que d'un zèle sans fard j'en conjure les dieux. Tome III. 4^

64a LAURE PERSÉCUTÉE,

Dans la nécessité, qu^nd elle est 'absolue , Toute âme qui consulte est trop tard résolue. L'amour qui vous assemble a signé mon arrêt : Pour le faire accomplir mon secours est tout prêt; Et pour autoriser la foi qui vous engage, Je n'ai ni trop d'amour ni trop peu de courage. Mais que veut ce vieillard ?

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