‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 433 sur 437 · ACTE V, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE IX

Jusqû'iEiu jour destiné pour votre mariage,

Et que, par le pouvoir et d'Hymen et d'Amour,

Vous soyez obligée à quitter cette coiir;

Si le jour qu'à ce joug on vous verra soumise,

En vos mains de ma part une lettre est remise ,

Ne manquez d^accomplir ce (ju'elle contiendra ,

Ni d'ajouter créance à qui vous la rendra, d

CLIDAMAS.

Je m'en suis acquitté.

l'infaitte.

Faisons-en l'ouverture.

CRANTÉE.

Ma chère Laure, ô dieux! quelle est cette aventure?

LAURE

Sans doute elle me touche.

OCTAVE, a Lydie.

Approchons, qu'est ceci?

L'iNFÀNTÊ.

Je reconnois sa main en Técrit que voici , Et sens certain instinct dont la force secrète Fais que j'entends ma mère à cette voix muette.

(Elle lit.)

A V infante Pàrcie.

a De votre soeur naissante on eût borné le sort, » Si l'on eût dé son père exécuté l'envie :

» Mais èai mère empêcha sa mort, 2)1 Et lui donna deux fois la Vie:

» Qu'elle tienne auprès de vous.

» Rang de soeur et de princesse ; » Ainsi le ciel vous soit doux:

» Voilà le testament qu'en mourant je vous laissé.' w

Dieux! que le ciel sur moi calme tôt son courroux,

De me rendre une sœur quand je perds un époux !

Qu'une sensible joie à mon affront succède,

Et que près de mon mal il a mis son remède!

Achevez, bon vieillard, votre commission;

Montrez-moi cet objet de mon affection.

GLiDAMAS, montrant Laure.

Vous le voyez , madame.

l'i N FA w T E , r embrassant.

Ah ! le sang me la montre.

Dieux ! qu'entends-je ?

l'infante.

O ma sœur! quelle est cette rencontre?

Que les décrets des dieux passent de loin nos sens ,

Et qu'à les pénétrer nos yeux sont impuissans!

laure.

Quoil je trouve par eux ma sœur en ma rivale?

orantiSe.

Quelle heureuse fortune à la nôtre est égale?

GLIDAMAS:

Apprenez en deiix mots quel caprice, du sort Destinoit son enfance au pouvoir de la mort: Elle fut condamnée, et par arrêt d'un père, A la perte du jour dès les flancs de sa mère, Et tout par la frayeur d'un songe, qui souvent, Comme il n'est que vapeur, ne produit que du vent. Chacun sait à quel point l'illusion des songes En un facile esprit imprime ses mensonges , Et que quelquefois même en leurs obscurités

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