ACTE V; SCÈNE V
SfDONIB.
Daraide à nos Tœux procure un bien si doux f Elle vous rend un père et me rend un époux.
DÀRAlDE.
Puisqu'enfin lès effet passent votre requête, £t qu'ayant Florisel vous possédez sa tête y Je demande , madame , à votre majesté Le prix qu'elle a promis et que j'ai mérité.
SID05IE
Quel?
I>ARAÏI>£.
L'heur de posséder cette beauté divine Que trop visiblement mon bonheur me destine , Puîsqu'en si peu de temps tout succède à propos Et pour ma passion et pour votre repos.
/ siDOiris.
Oui, ce prix vous est dû; mais, ô belle guerrière, Que peut-elle pour vous? quelle est votre prière? De quel aveuglement ne vous doîs-je accuser , Et que servent les biens dont on ne peut user ?
DARAÎDE.
Si vous la refusez aux vœux de Daraide, Qu'à ceux d'Agésilan ce bel astre préside : Pour ses jeunes attraits ce prince meurt d'amour,' Et depuis quelques jours il est en cette cour.
SIDOiriE.
Puisque vous l'ordonnez , que ce prince l'obtienne ; Elle aura trop de gloire en l'honneur d'être sienne : Un royaume puissent relève de ses lois; Et les plus envieux parlent de ses exploits.
90 AGÉSILAN DE COLCtiOS,
BARAÏDE. ^
Je SUIS ce prince, heureux sur tous les autres princes^ Puis€[ue ce beau soleil doit luire en mes provinces. Grande reine , c-est moi qui , sous ce vêtement, Suis venu rendre hommage à cet objet charmant.
SIDONIE
Dieux I qu'est-ce que j^eiitends ? O divine merveille î O bonheur ! ô fortune à nulle autre pareille 1 Oui , grand prince , obtenez ta fin de vos désirs , Puisque d'eux seulement naissent tous mes plaisirs.
DARAÏBE.
Mon respect cède enfin à l'ardeur qui me presse; Il faut qu'Agéailan emlH*asse sa maîtresse. Daraïde n'e^t plus.
ARBEiriB.
O divin changement!
DIANE
Quelle joie est pareille à mon ravissement ?
FLORIàEL.
Sus , que jusques au ciel s'élèvent les fumées
Que vont produire nos encens.
Et que d'un saint brasier nos âmes consumées Goûtent en liberté des plaisirs innocens. Ne les différons point , et que deux hyménées Avant la fin du jour joignent nos destinées.