ACTE I, SCÈNE IL io
II serqit son époux , et fut ton suborneur I
Et Ton diroit partout, pour accroître ta peine :
Il a joui d'Hermante, et Parthénie est reine.
AJi! c'est trop consulter : enfers, hommes, ni dieux,
Ne peuvent divertir ce dessein furieux.
CLARIANE.
Madame , sans passer à ces efforts extrêmes , Réclamons des enfers les puissances suprêmes : Je connois un vieillard dont les secrets divers Peuvent faire changer et périr l'univers : Il arrête d'un mot la lumière naissante ; Il rend la mer solide et la terre mouvante ; Il brise les rochers , il aplatit les monts , Et dispose à son gré du pouvoir des démons : Que j'aille de ce pas consulter sa science, Et vous l'estimerez après l'expérience.
Reposez sur mes soins cet important souci , Et que dans un moment je vous retrouve ici.
HERMANTE.
Ma chère Clariane, obligez une amante.
Et ne la flattez point d'une inutile attente. J'ai reconnu vos soins , et j'ose présumer Qu'un naturel instinct vous oblige à m'aimer. Signalez aujourd'hui cette vertu si fortes D'un favorable effet la cause ne m'importe ; J'emploîrois tous moyens pour toucher ses esprits; Et les crimes sont beaux dont un trône est le prix.
CLARIAITE.
Si vous ne rangez tout sous votre obéissance , Ses efforts seront vains et l'enfer sans puissance ;
■moi, c'est vous que je réclame; et leur dieu; vous qui les habitez,
To6 L'INNOCENTE INFIDÉLITÉ, Un autre dieu pourra ce que ne peut rAmour. Sa maison n'est pas loin^ruttendez mon retour.
; ^ (Elle sort.)
Puisque le ciel est sourd e%4a^.rît de ma flamme.
Enfers, assistez-i
Toi leur prince
Mânes , ombres, démons, noires di^fiSftés,
C'est de votre pouvoir que j'attends l'-Ssifetance
Qui doit , malgré le ciel , couronner tna" éonstance ;
C'est à vous seulement que je puis Mais voici
, Cet infidèle objet qui cause mon souci.