‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 117 sur 432 · ACTE 1, SCÈNE 1. i · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE 1. i

Est la punition de cette impunité ; Votre valeur enfin, naguère si vantée.

Dans vos folles amours languit comme enchantée , Et par cette langueur dedans tous les esprits Ef&ce son estime et s'acquiert des mépris : Et je vois toutefois qu'un heur inconcevable , Malgré tous ces défauts vous rend encore aimable, Et que votre bon astre en ces mêmes esprits Sou£Bre ensemble pour vous l'amour et le mépris. Par le secret pouvoir d'un charme que j'ignore, Quoiqu'on vous mésestime on vous chérit encore ; Vicieux on vous craint, mais vous plaisez heureux. Et pour vous l'on confond le muiinure et les vœux. Ah! méritez, mon fils, que cet amour vous dure, Pour conserver les vœux étouffez le murmure. Et régnez dans les cœurs par un sort dépendant Plus de votre vertu que de votre ascendant : Par elle rendez-vous digne d'un diadème : Ne pour donner des lois commencez par vous-même , Et que vos passions, ces rebelles sujets, De cette noble ardeur soient les premiers objets ; Par ce genre de règne il faut mériter l'autre : , Par ce degré, mon fils, mon trône sera vôtre : Mes états, mes sujets, tout fléchira sous vous, Et, sujet de vous seul, vous régnerez sur tous. Mais si toujours vous-même et toujours serf du vice, Vous ne prenez des lois que de votre caprice ; Et si pour eneourir votre indignation , Il ne faut qu'avoir part en mon affection ; Si votre humeur hautaine enfin ne considère Ni les profonds respects dont le duc vous révère, î<i Vélroite amitié dont l'infant vous chérit ,

i86 VENCESLAS^

Tomber le ministère en de fidèles mains;

Élever peu de gens si haut qu'ils puissent nuire ^

Être lent à former aussi-bien qu'à détruire ,'

Des bonnes actions garder le souvenir, ''

Être prompt à payer et tardif à punir.

N'est-ce pas sur cet art, leur dis-je, et ces maximes,, ■

Que se maintient le cours des règnes légitimes ? :

Voilà la vérité touchant le premier point: ■

J'apprends qu'on vous l'a dite et ne m'en défend pointi

VENCESLAS. . ,

Poursuivez. .t

LADISLAS

A l'égard de l'ardente colère Où vous meut le parti du duc et de mon frère, Dont l'un est votre cœur, si l'autre est votre bras , Dont l'un règne en votre âme et l'autre en vos états;, .^! J'en hais l'un , il est vrai, cet insolent ministre, ' ■

Qui vous est précieux autant qu'il m'est sinistre; . Vaillant, j'en suis d'accord, mais vain, fourbe.^ flattei^ Et de votre pouvoir secret us urpateur : )

Ce duc à qui votre âme, à fous autres obscure^ Sans crainte s'abandonne et produit toute pure-, ' t Et qui, sous votre nom beaucoup plus roi que vous, ^ Met à me desservir ses plaisirs le^plus daux. Vous fait mes actions pleines de tant de vices. Et me rend près de vous tant de mauvais offices. Que Vos yeux prévenus ne trouvent plus en moi Rien qui vous représente Qt qui promette un roi. Je feindrois d'être aveugle ^t d'ignorer l'envie Dont en toute rencontre il vous noircit ma vie,- ■''

S'il ne s'en usurpoit et m'ôtoit les emplois, *'^

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