‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 128 sur 432 · ACTE II, SCÈNE II. loi · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II. loi

bis quand j'eiliiiierois vos ardam Téritables , \t quand on nous verroit des qualités sortables, hk ne verra jamais l'hymen nous assortir , it je perdrai le jour avant qu'y consentir. Sabord que votre amour fit voir dans sa poursuite £i si peu de respect et si peu de conduite, St que le seul objet d'un dessein vicieux îur ma possession voua fit jeter les yeux, Te ne vous regardai que par l'ardeur inSime ')m ne m'appeloit point au rang de votre femme , Et que par cet cffi>rt brutal et suborneur Dont votre passion attaquoit mon honneur; £t, ne considérant en vous que votre vice, Je pris en telle horreur vous et votre service , Que si je vous offense en ne vous aimant pas. Et si dans mes vœux seuls vous trouvez des appas. Cette offense est un mal- que je veux toujours faire. Et je consens plutôt à mourir qu'à vous plaire.

LADISLAS

Eh bien ! contre un objet qui vous fait tant d'horreur,

hihumaine, exercez toute votre fureur;

Annez-vous contre moi de glaçons et de flammes ;

Inventez des secrets de tourmenter les âmes;

Suscitez terre et ciel contre ma passion;

Intéressez l'état dans votre aversion ; Du trône où je prétends détournez son suffrage, Et pour me pardre enfin mettez tout en usage : A.vec tous vos efforts et tout votre courroux Vous ne m'ôterez pas l'amour que j'ai pour vous : Dans vos plus grands mépris je vous serai fidèle ; le vous adorerai, fiirieuse et cruelle;

202 VENCESLAS

Et, pour vous conserver ma flamme et mon amour,

Malgré mon désespoir conserverai le jour.

THIÉODORE.

Quoi! nous n'obtiendrons rien de cette humeur altière

GASSAirORE. . j

Il m'a dû, m'attaquant, connoître toute entière, Et savoir que l'honneur m'étoit çiensiblaiau point D'en conserver Tinjure et ne pardonner point.

TjaiODORE.

Mais vous venger ainsi c'est vous punir vous-même j , Vous perdez avec lui l'espoir d'un diadème.

GASSANDRE.

Pour moi le diadème auroit de vains appas *

Sur un front que j'çd craint et que je n'aime pas. ^

THEODORE

Régner ne peut déplaire aux âmes généreuses.

GASSANORE.

Les trônes bien souvent portent des malheureuses ■ Qui, sous le joug brillant de leur autorité, Ont beaucoup de sujets et peu de liberté. .

tHJÉODORE.

Redoutez-vous un joug qui vous fait souvcraifte?

gAssaitdre.

Je ne veux point dépendre et veux être ma reinci; Ou ma franchise enfin, si jamais je la perds, Veut choisir son vainqueur ^t connoître ses fers.

T'HISODORE.

Servir un sceptre en main vaut bien votre fra<ichise.

ACT£ II, SCÈNE 11. ao3

CASSAKDRE.

iavez-vous si déjà je ne l'aî point soumise* ?

LADISLAS

)ui, je le tais, cruelle, et oonnois mon rival; lais j'ai cru que son sort m'étoit trop inégal \)ur me persuader qu'on dût mettre en balance Le choix de mon amour ou de son insolence.

CASSANDRE

iTotre rang n'entre pas dedans ses qualités ,

Kais son sang ne doit rien au sang dont vous sortez ,

Ni lui n'a pas grand lie^ de vous porter envie.

LADISLAS

Insolente, ce mot lui coûtera la vie,

Et ce fer, en son sang si noble et si vanté ,

Me va faire raison de votre vanité.

Violons, violons des lois trop respectées.

0 sagesse ! ô raison ! que j'ai tant consultées ,

Ne nous obstinons point à des vœux superflus;

Laissons mourir l'amour où l'espoir ne vit plus.

Allez , indigne objet de mon inquiétude ,

J'ai trop long-temps souffert de votre ingratitude ;

Je vous devois connoître , et ne m'engager pas

Aux trompeuses douceurs de vos cruels appas.

Ou, m'étant .engagé, n'implorer point votre aide,

Et sans vous demander vous ravir mon remède.

Mais contre mon pouvoir mon cœur a combattu ;

le ne me repens pas d'un acte de vertu.

De vos superbes lois ma raison dégagée

A guéri mon amour et croit l'avoir songée ;

De Tindigne brasier qui consumoit mon cœur

îio4 VENCESLAS,

n ne me reste plus que la seule rougnr

Que la honte et l'horreur de vous avoir aimée

Laisseront à jamais sur ce firont imprimée :

Oui, j'en rougis, ingrate^ et mon propre courroux.

Ne me peut pardonner ce que j'ai &it pour vous.

Je veux que la mémoire efïace de ma vie

Le souvenir du temps que je vous ai servie :

J'étois mort pour ma gloire , et je n'ai pas vécu

Tant que ce lâche cœur s'est dit votre vaincu ;

Ce n'est que d'aujourd'hui qu'il vit et qu'il respire,

D'aujourd'hui qu'il renonce au joug de votre empire,.

Et qu'avec ma raison mes yeux et lui d'accord

Détestent votre vue à l'égard de» la mort.

GASSAVDRE.

Pour vous en guérir, prince, et ne leur plus déplaire,. Je m'impose moi-même un exil volontaire. Et je mettrai grand soin, sachant ces vérités, A ne vous plus montrer ce que vous détestez. Adieu.

(EUesort.)

LADiSLAS, interdit.

Que faites-vous , 6 mes lâches pensées?

Suivez-vous cette ingrate? êtes-vous insensées? Mais plutôt qu'as-tu fait, mon aveugle courroux? Adorable inhumaine, hélas! où fiiyez-vous? Ma sœur, au nom d'Amour, et par pitié des larmes Que ce cœur enchanté donne encore à ses charmea, Si vous voulez d'un frère <^pêcher le trépas ,. Suivez cette insensible et retenez ses pas.

THliODORE.

La retenir, mon frère , après l'avoir bannie \

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