‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 136 sur 432 · ACTE III, SCÈNE II. ai · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II. ai

Laissez à mon amour taire un nom qui I oflenso, Que des respects enoor plus forts que sa.^^^ensi;. Et qui plus qu'aucun autre ont droit de me lier. Tout précieux qu'il mW , m'ordonnent d'oublier : Laissez-moi retirer d'un champ d'où md retraite Peut seule à l'ennemi dérober ma défaite.

Ce silence obstiné m'apprend votre secret , Mais il tombe en un sein généreux et discret. Ne me le célèz plus, duc, vous aimez Cassandre : C'est le plus digne objet où vous puissiez prétendre. Et celui dont le prince, adorant son pouvoir;- A le plus «l'intérêt d^kigner votre espoirs- Traitant l'amour pour moi , votrts propre franchise A donné dans ses rets et, .s'y troui^' surprise; Et mes desseins pour. elle, aux vôtres préférés, ^ Sont ces puissans respects ^ qui vous déférez. Mais vous craignez à tort qu'un ami vous accuse D'un crime dont Cassandre est la cause et l'excuse : Quelque auguste aséendant qu'aient sur moi sc^s at^pàs..

- FÉDERIC. '

Ne vous étotmez point st je iïè réponds pas.

Ce discours me surprend^ et cette indigne' plainte

Me livre une si rude et si sensÀ^te atteinte',

Qu'égaré je me cherche et demeat^ en suspens

Si c'est vous qui parlez , ou moi qui vous entends.

Moi vous trahir, seigneftr! niof;.sor cette Cassandre

Près de qui je vous sers pour moi-mêrte entreprendre ,

Sur un amour si stable et si bien afFcroiî !

Vous me croyez bien lâche, ou bien peu votre ami.

ALEXAïrnHK.

Croiriez-vous , Vadorant, m'altérer votre estime?

2i6 VENCESLAS,

Me pouiriez-Voûs aimer coupable de ce crime ?

«. . ALEXANDRE

Confident ou rival , je ne vous puis haïr. Sincère et généreux, je ne vous puis trahir.

ALEXÀirnitE.

L'amour surpîrend les cceurs, et s'en rend bientôt maître.

. . . FiDERIC.

La surprise xie peut justifier Un traitire; . -

Et tout homme- de cœur, pouvant perdre Je jour,

A le reiliède en -main d^ surprises d'amour.

AtEXANDIlB.

Pardonnez un soupçdh , non pai^ une créance , Qui naissoit du défaut de votre confiance:

FiDERIC.

Je veux bien l'oubUer, mais à condition

Que ce même défaut soit sa punition ,

£t qu'il me soit permis une fois de me taire

Sans que vQtre amitié s'en plaigne ou s'en altère.

Au reste, et cet avis, s'il vous é toit suspect,

Vous peut justifier mes soins et mon respect,

Cassandre par le prince est si persécutée,

£t d'agens si puissans pour lui, sollicitée.

Que si vous lui voulez sauver sa liberté,

Il n'est plus temps d'a'uner sous un non emprunté :

Assez et trop long-temps, sous ma feinte poursuite,

J'ai de voire dessein ménagé la conduite;

£t vos vœux, sous xx>uleur de servir mon amour^

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