SCENE PREMIERE
THÉODORE, LÉONOR
THÉODORE
Ah, Dieu! que cet effroi me trouble et me confond}
Tu vois que ton rapport à mon songe répond ,
Et sur cette frayeur tu condamnes. mes larmes?
Je mé mets trop en peine, et je prends trop d'alarmes?
LÉONOR
Vous en prenez sans doute un peu légèrement. Pour n'avoir pas couché dans son appartement, Est-ce un si grand sujet d'en prendre l'épouvante, Et de souflfrir qu'un songe à ce point vous tourmente? Croyez-vous que le prince en cet âge de feu, Où le corps à l'esprit s'assujettit si peu, Oïl l'âme sur les sens n'a point encor d'empire , Où toujours le plus froid pour quelque objet soupire, Vive avecque tout l'ordre et toute la pudeur D'où dépend notre gloire et notre bonne odeur? Cherchez-vous des clartés dans les nuits d'un jeunehomntc Que le repos tourmente et que l'amour consomme?