‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 150 sur 432 · ACTE IV, SCÈJNK II. a3i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈJNK II. a3i

LADISLâS».

Vous avez VU, ma sœur, Mes plus secrets pensers jusqu'au fond de mon cœur; Vous savez les efforts que j'ai faits sur moi-même Pour secouer le joug de cet amour extrême , Et retirer d'-un cœur indignement blessé Le trait empoisonné que ses yeux m'ont lanc(\ Mais, quoi que j'entrepfenne , à moi-même infidèle, Contre mon jugement mon esprit se rebelle; Mon cœur de son service à peine est diverti Qu'au premier souvenir il reprend son parti , Tant a de droit sur noos , malheureux que nous sommes Cet amour, non amour ^ mais ennemi des hommes. J'ai, pour aucunement couvrir ma lâcheté, Quand je souiOTrois le plus, j'ai feint plus de santé; Rebuté des mépris qu'elle a faits d'un esclave, J'ai fait du souverain et j'ai tranché du brave ; Bien plus , j'ai , furieux , inégal , interdît , Voulu pour mon rival employer mon crédit : Mais au moindre penser mon âme transportée Contre mon propre effort s'est toujours révoltée; £t l'ingrate beauté dont le charme m'a pris Peut plus que ma colère et plus que ses mépris : Sur ce qu'Octave enfin hier me fît entendre L'hymen qui se traitoit du duc et de Cassandre , £t que ce couple heureux consommoit cette nuit

OCTAVE

Pernicieux avis, hélas! qu'as-tu produit?

LAJDISLAS.

Succombant tout d'un coup à ce coup qui m accable, ^6 tout raisonnement je deviens incapable ,

232 VENCESLAS

Fais retirer mes gens, m'enferme tout le soir,

Et ne prends plus avis que de mon désespoir.

Par. une fausse porte, enfin, la nuit venue.

Je me dérobe aux miens et je gagne la rue,

D'oïl, l»ut soin, tout respect, tout jugement perdu,

Au palais de Cassandre en même temps rendu,

J'escalade les murs, gagne une galerie.

Et, cherchant un endroit commode à ma furie.

Descends sur l'escalier, et dans Tobscurité

Prépare à tout succès mon courage irrité.

Au nom du duc enfin j'entends ouvrir la porte,

Et, suivant à ce npm la fureur qui m'emporte.

Cours, éteins la lumière, et d'un aveugle effort

De trois coups de poignard blesse le duc à mort.

THÉODORE, effrayée^ s appuyant sur Léonor. Le duc! qu'entends-je, hélas?

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