‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 179 sur 432 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

» Élerer pea de gens si haut ^'ib puissent noire ;

> Être lent k former y anssi^en qu'à détruire ; B Des bonnes actions garder le souvenir ;

I Prompt k recompenser y et tardif à punir ?

> N'est-ce pas sur cet art , leur dis-je , et ces maiimet , » Que se maintient le cours des règnes légitimes 7» Voità la vérité touchant le premier point ;

J'apprends qu'on vous l'a dite , et ne m'en défends point.

VEirCESLAS.

PoonoiTex.

LADISLAS

A l'égard de l'ardente colère OiiYoïismet le parti du duc et de mon frëre, Dont l'un est votre cœur si l'autre est votre bras , Dont l'un règne en votre âme , et l'autre en vos états , Je hais l'un , il est vrai y cet insolent ministre , Qui TOUS est précieux autant qu'il m'est sinistre; Vaillant y j'en suis d*accord ; mais vain , fourbe y flatteur , Et de votre pouvoir secret usurpateur; Ce duc y pour qai votre &me y k tous autres cachée , Imqa'à l'intimité s'est toujours épanchée , Et qui sous votre nom, beaucoup plus roi que vous y Met à me desservir ses plaisirs les plus doux, Vbas fait mes actions pleines de tant de vices , Et me rend près de vous tant de mauvais offices , Qae vos jeux préveuus ne trouvent plus en moi Bien qui vous représente et qui promette un roi. IWois dissimulé tous les traits dont l'envie I^arla voix du perfide ose noircir ma vie , S*il n*asurpoit encor y ne m'otoit les emplois Qû, si jeune y m'ont fait l'effroi de tant de rois ; • Aux dépens de ma gloire il a des Moscovites

Arrêté les progrès et restreint les limites :

Il triomphe à ma honte ; et de cette action

'ous avez mis le prix à sa discrétion.

^^s, s'il est trop puissant pour craindre ma colère ,

x^il pense mûrement au choix de son salaire ;

272 VENCESLAS

Et que ce grand crédit qu'il possède à la cour ,

S'il mécoanoît mon rang , respecte mon amour ;

Ou , tout brillant qu'il est , il lui sera frivole :

Je n'ai pas sans sujet lâché cette parole ; '

Quelques bruits m'ont appris jusqu'oii vont ses desseins

Et c'est un des sujets , seigneur, dont je me plains.

VENCESLAS

Achevez.

LADISLAS

Pour mon frère , après son insolence , Je ûe puis m'émporter à trop de violence ; Et de tous vos tourmens la plus affreuse horreur Ne le sauroit soustraire à ma juste fureur. Quoi ! quand , le cœur outré de sensibles atteintes , Je fais entendre au duc le sujet de mes plaintes , Et de ses procédés justement irrité , Je veux en imposer à sa témérité.

Étourdi , furieux , et poussé d'un faux zèle , Mon frère contre moi veut prendre sa querellé ^ Et , bien plus , sur l'épée ose porter la mainJ Ah ! j'atteste du ciel le pouvoir souverain , Qu'avant que le soleil sortant du sein de l'onde Ote et rende le jour aux deux moitiés du monde , Il m'ôtera le sang qu'il n'a pas respecté, Ou me fera raison de cette indignité.

Puisque je suis au peuple en si mauvaise estime , Il la faut mériter du moins par un grand crime , . Et , de vos châtimens menacé tant de fois , ,

Me rendre un digne objet de la rigueur des lois.

Que puis-je plus tenter sur cette âme hautaine? Essayons l'artifice oii la rigueur est vaine , Puisque plainte , froideur 9^ menace , ni prison ^ Ne l'ont pu jusqu'ici réduire à la raison.

(A Ladi9la8.) Ma créance , mon fils, sans doute un peu légère >

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