VENCESLAS, LADISLAS, OCTAVE
vENCE8LA*y à Lodislos.
Ladislas , vous portant à ce délire extrême , Voos^ménagez fort mal l'espoir du diadème ; Et votre tête encor qui le prétend porter
LADISLAS, à f^enceslas.
Vous êtes roi , seigneur, vous pouvez me l'oter : Mais j'ai lieu de me plaindre ; et ma juste colère Ne peut pren4re de lois ni d'un roi ni d'un père.
VENCESLAS
l'en dois prendre bien moins d'un insensé , d'un fils. Pensez à votre tête , et prenez-en avis. '^
( 11 sort. )
278 VENCESLAS
OCTAVE
O Dieu! ne safurîei-vons mieux cacher votre haine?
^ LADISLAS
Veux-tu que , ]a cachant , mon attente soit vaine? De celle que j'adore un sujet amoureux Sera donc mon rival , et mon rival heureux ! Quoi! Gassandre sera le prix d'une victoire Qu'usurpant mes emplois il dérohe k ma gloire ! Et l'état qu'il gouverne à ma confusion , L'épargne dont il ose avec profiasion , Les ^enfaits qu'il répand , les charges qu'il dispense , ' Ne lui tiennent pas lieu d'assez de récompense , S'il ne me prive encor du fmit de mon amour , Et si , m'6tant Gassandre , il ne m'6te le jour ! N'est-ce pas de tes soins et de ta diligence Que je tiens le secret de Itmr intelligence ?
OCTAVE
Oui , pnnce ; mais vos vo&ux doivent flatter son cœur y ^t votre hymen offert fléchira sa rigueur : Pour le lui proposer , l'iufante l'a mandée ; Et vous verrez sa main à la v6tre accordée./ Cependant , feignez mieux ; et d'un père irrité Et d'un roi méprisé craignez l'autorité.
XADISLA8.
C'est mon roi , c'est mon père ; il est vrai , je m'emporte^ Je trahis mon devoir , mes intérêts ; n'importe : L'amour a sur mon cœur des droits plus absolus : Je ne vois que Gassandre , et ne me connois plus.
FIW J>U PREMIER ACTE.