‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 186 sur 432 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

THÉODORE, CASSANDRË.

THÉODOEB.

liNFiif , si mon respect o'a plus rien qui vous touche, duchesse, tout l'ëUt vous parle par ma bouche, je refus de l'hymen qui vous soumet sa foi Lui refuse une reine et nous prive d'un roi. L'objet de vos mépris attend une couronne , Qœ déjà d'une voix tout le peuple lui donne : Qaedis-)e? il ne l'attend qu'afin de vous l'offrir ; Et votre cruauté ne sauroit le souffrir !

CASSAIfDEE.

Qoels que soient ses projets , en quelque rang qu'il monte,

Je n'oubltrai jamais qu'il a voulu ma honte ;

Et^<{ue ce même hymen , qu'il propose aujourd'hui ,

Lui parut autrefois trop indigne de lui.

Vos motift sont puissans : mais ma gloire flétrie

^ plaint 9 et parle encor plus haut que la patrie.

^c ne vois sous l'éclat dont il est revêtu

Que le piège odieux qu'il tend à ma vertu.

Apres ses sentimens , à mon honneur sinistres ,

L*essai de ses présens , l'effort de ses ministres ,

Ses plaintes , ses écrits , et la corruption

De ceux qu'il crut pouvoir servir sa passion ; ^

:»&o VENCESLAS,

Ces ressorts criminels aidant mal sa poursuite , A des moyens plus purs sa flamme s'est réduite. Ah ! plutôt y pour tromper , pour vaincre ma fierté , Il emploie à la fois et crime et piété. En effet , s'il consent que l'hymen nous unisse , C'est appeler l'honneur au secours de son vice. Dans ses tristes dégoûts on sait qu'un souveraiu D'un hymen qui déplaît a le remède en main r Pour en rompre les nœuds et colorer ses crimes , ' L'état ne manque pas de plausibles manntes. Son Infidélité suivroit d£ près sa foi : , Seul il se considère ; il s'aime , et non pas moi.

THÉODORE

C'est tirer de sa faute un horrîhle présage î

QASSANDRE.

C'est comme je le dois ressentir un outrage.

THÉODORE

Ehî madame , en est-îl que ne rfoive effacer Le rang oii son amour brûle de vous placer ? On se croit au-dessus d'un bien que l'an rejette : Mais quand on Ta perdu , souvent on le regrette. La fortune vous rit et ne rit pas toujours*

CASSANDRE

Je sais son inconstance , et prévois ses retours. D'ailleurs , Je sens le prix d'un si grand hyménée : Je sais ce qu'est un roi , madame : et je suis née Assez près de ce rang dont on veut m'éblouir , Pour voir ce qu'il en coûte à qui veut en jouir.

THEODORE

Que puis-je vous offrir après un diadème ?

CASSANDRE

Vous me donnerez plus me laissant à moi-même»

THÉODORE

Sériez-vous moins à vous ayant moins de rigueur ?

^ ACTE II, SCÈNE II. a8i

CASSAUDEE»

Ne comptes-Tous pour rien la perle de mon cœur ?

THÉODORE

Vous feries on échange et non pas une perte.

CASSÂlfDRE.

J'onblirois une injure impunément soufferte !

Et ce honteux amour , dont il crut me toucher ,

Au sang de Cunisberg pourroit se reprocher !

Excusez xua fierté : je sais , sage princesse ,

Quelles soumissions je dois à votre altesse :

Mais au choix que mon cœur doit faire d'un époux ,

Si j'en crois mon honneur , je lui dots plus qu'à vous.

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