‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 200 sur 432 · ACTE III, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE V

Ne faites pas , seigneur , par l'offre du salaire ,

D'an exploit généreux une oeuvre mercenaire. Poavoir dire , « Ce bras a servi Venceslas , » Fest-ce pas là , grand roi , le prix de cent combats?

VENCESLAS

Non, non ; quoi que je doive à ce bras indomptable > C'est trop que votre roi soit votre redevable. Ce grand cœur refusant intéresse le mien , Et me demande trop en ne demandant rien. Faisons |>ar vos travaux et ma reconnaissance Da maître et du sujet discerner la puissance. Ma gloire ne pourroit souffrir , sans se souiller , La générosité qui m'en veut dépouiller.

FÉDEKIC.

N'excitez point un feu que vous voudrez éteindre. J'ose élever mes vœux oîi je ne puis atteindre ; . Je m'en connois indigne ; et l'objet que je sers , Dédaignant son tribut , désavoùroit mes fers.

VENCESLAS. '

Les plus puissans états n'ont point de souveraines Dont ce bras ne mérite et n'bonorât les chaînes ; Et mon pouvoir enfin sera sans nul effet , Ou TOUS répond du don que je vous aurai fait.

LADI8LAS9 àpari.

Quoi ! rhjmen qu'on refuse à Tardeur qui me presse , Aax vœux de mon rival va livrer ma maîtresse! Non , rival insolent , je n'y puis consentir.

FÉDEEIC. •

D&t être mon aveu suivi du repentir ,

l^uisque vous me forcez à Tompre le silence.

Je vous obéirai , mais avec violence ;

^rtain de vous déplaire en vous obéissant,

Plus que n'observant point un ordre si pressant.

«^'avoûrai donc , grand roi, que l'objet qui me touche...

3oo VENCESLAS^

LADiSLASy à Féderic.

Duc y encore une ibb je tous fbrme la boache ; Et je ne pois souffrir votreprésomption.

▼ENCESLAS, à Ladlslàs.

Insolent!

tADiSLAs, à J^enceslas.

J^ai sans fruit vaincu ma passion.

Pour souffrir son orgueil , seigneur > et vous compîaiire,

J'ai fait tous les effonts que la raison peut faire ;

Mais en vain mon respect tâche à me contenir y

Ma raison sur mes sens ne peut rien obtenir' t

Je suis ma passion , suivez votre colère ;

Pour un fils révolte perdez Tamonr d'un père;

Tranchez le cours du teqoips à mes jours destiné ^ '

£t reprenez le sang que vous m'avez donné :

Ou , si votre justice épargjae encor ma tête ,

Prévenez au plus tôt l'injure qu'il m'apprête ,

Et de son insolence humiliez l'excès •

Ou sa mort à l'instant en suivra le succès.

( n sort furieux» >

VENGESLAS.

Gardes ^ qu'on le saisisse.

F É D E R I c , se jetant aux pieds du roi* Ah ! seigneur , quel asile A conserver mes jours me pourroit être utile , Et me garantiroit contre un soulèvement ? Accordez-moi sa grâce ou mion .él(Ngnement.

VENCESLAS

Qu'aucun soin ne vous trouble et ne vous importune,

Duc ; je ferai si haut monter votre fortune ,

D'un crédit si puissant j'armerai votre bras ,

Et ce séditieux vous verra de si bas ,

Que jamais d'aucun trait de haine ni d'envie

Il ne pourra donner atteinte à votre vie.

FiW DU TROISIÈME ACTE.

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