‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 208 sur 432 · ACTE IV, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V

In présence da del il Tenoit receroir

lessermens d'un amour 0 crime! ô désespoir!

Seigneur , k cet objet laissez couler mes larmes ) e Tattendois tremblante , et le cœur plein d'alarmes. )e mon palais à peine a-t-il touché le seuil , 2u*il reçoit en entrant la mort pour tout accueil : )e trois coups de poignard....

TENCESL4S.

Il est mort ?

(Il i^assied et te Toile le Tisage.)

ladislàs» à pari.

0 ma rage,

tu t'es bien satisfaite , et voilà ton ouvrage !

CASSAirOEE.

)ni , seigneur , il est mort, et je suivrai ses pas

)es l'instant que j'aurai vu venger sou trépas.

Vais apprenant, grand roi ^cet accident sinistre ,

SélasI en pournez-vous soupçonner le ministre ?

)ui , votre sang suffît pour vous en faire foi ;

Il s'émeut, il vous parle et pour et contre soi ;

3t, par un sentiment ensemble horrible et tendra , '

^oas nomme Ladislas meurtrier d'Alexandre.

}ue clis-]e? ce regard , ce maintien interdit,

Zt visage effrayé , ce silence le dit ,

Et, pins que tout enfin sa main fumante encore

De votre propre sang, de ce sang que j'adore.

Lequel des deux sur vous fera le plus d'effort ,

Ou d'un fils meurtrier , cm de votre fils mort ?

Ail! si vous pardonniez ce barbare homicide ,

tremblez ; il n'a qu'un pas jusques au parricide.

£nfin si mes douleurs , si ce fils tant aimé ,

Si l'horreur de ce meurtre à vos yeux consommé ,

"B'ébranlent votre cœur qu'ils déchirent sans doute »

^oyez, voyez le sang dont ce poignard dégoutte;

£t s'il ne vous émeut, sachez oii l'on l'a pris i

^otre fils Pa.tiré da sein de votre fils.

3io VENCESLAS,

Oui y de ce coup y seigneur^ un firëre fut capabiei Ge fer porte le chiffre et le nom du coupable ; Vous apprend de quel bras il fut rexécnteur , Et complice du meurtre en d^lare l'auteur. *

J'attends de voir armer votre main vengeresse y, Ou par votre justice , on par votre tendresse ; Et , si je n'obtiens rien de la part des humain» ^ La justice du ciel me prêtera les mains. Ce forfait contre lui n'aura point de refuge :. Il en fut le témoin, il en sera le juge; Et puisse contre vous son courroux indigné , Ve pas tourner le bras du coupable épargné !

VENCESLÀS*

Je sens de vos douleurs toute la violence.

( A Ladislas.) . Prince, vous l'entendez et gai*déz le silence t

LADISLAS

Oui y je suis criminel. Abandonnez y grand roi ^ Cette mourante vie aux rigueurs de la loi. Que rien ne vous oblige à m'étre moins sévère.. .^ Supprimons, les doux noms et de fils et de përe y Et tout ce qui sur moi peut vous solliciter. Cassandre veut ma mort y il faut la contenter : En horreur à la terre , à mon père y à moi-même y Mon cœur , qui se déteste , éprouve encor qu'il l'airnOw Pour elle j'ai perdu tout sentiment humain , Dans le sein de mon frère elle a conduit ma main ;, Elle a fait mon malheur , ma honte, mon supplice^ Mon désespoir , mon crime , et veut que je périsse ; Je souscris sans murmurç à l'arrêt qu'elle rend; Je meurs enfin pour elle , et meurs en l'adorant.

CASSANDRE

Moi , j'ai conduit ta main? moi , j'eus part à ton crimf ?

Aht barbare t....

LADISLAS, à Cassandre,

Épargnez du moins votre victime.

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