ACTE 111, SCÈNE
Si jusques à ce jour vous avez cru ma vie
Inaccessible même aux assauts de l'envie.
Et si les plus censeurs ne me reprochent rien ,
Qui m'a fait si coupable en me faisant chrétien ?
Christ réprouve la fraude, ordonne la franchise,
Condamne la richesse injustement acquise,
D'une illicite amour défend Tacte indécent ,
Et de tremper ses mains dans le sang innocent :
Trouvez-vous en ces lois aucune ombre de crime,
Rien de honteux aux siens, et rien d'illégitime?
J'ai contre eux éprouvé tout ce qu'eût pu l'enfer, m
J'ai vu bouillir leur sang sous des ongles de fer, W
Taî vu couler leur corps dans la poix et les flammes^
J'ai vu leur chair tomber sous de flambantes lames.
Et n'ai rien obtenu de ces cosurs glorieux
Que de les avoir vus pousser des cliants aux cieux ,
Prier pour leurs bourreaux au fort de leur martyre,
Pour vos prospérités, et pour l'heur de l'empire.
MAXIMIN
Insolent ! estree k toi de te choisir des dieux ? Les miens, ceux de l'empire et ceux de tes aïeux, Ont-ils trop foiblement établi leur puissance Pour t'arrêter au joug de leur obéissance ?
AORIEjr.
Je cherche le salut , qu'on ne peut espérer De ces dieux de métal qu'on vous voit adorer.