‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 227 sur 432 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

Profitez de ma chute , elle vous doit instruire ; fi, sage, détruisez ce qui vous peut détruire , Sinon jusque sur vous ce foudre éclatera.

siEois, à pari ^ en se promenant.

«Mais je périrai, traître, ou mon fils régnera. »

Qu'ai -je à délibérer après cette menace ?

Quoi ! Mardesane au trône occupera ma place !

ît l'orgueil de sa mère, abusant à mes yeux

De l'esprit altéré d'un père furieux ,

hr l'isolait pouvoir que son crédit lui donne,

Sur quel front lui plaira fera choir ma couronne !

^el crime ou quel défwt me peut - on reprocher ,

^our disposer du sceptre et pour me l'arracher ?

la mère, ma naissance, en êtes -vous coupables?

Vun sort si glorieux sommes -nous incapables?

^eut-on, après vingt ans, jusque dans le tombeau

touiller une vertu dont l'édat fut si beau ?

Con, non, le temps, ma mère, avec trop de gloire

caisse encor dans les cœurs vivre votre mémoire ;

j'est un exemple illustre aux siècles à venir ,

^e la haine respecte et ne sauroit ternir.

ton crime est seulement l'orgueil d'une marâtre ,

)ont un fils est l'idole , un père l'idolâtre ;

il l'hymen , qui l'a mise au lit de Coroès ,

fun droit héréditaire exclut seul Siroès !

lélestes protecteurs des puissances suprêmes ,

^ous , dieux , qui présidez au sort des diadèmes ,

ouverains partisans des intérêts des rois ,

outenez aujourd'hui l'autorité des lois ,

t , d'un tyran naissant détruisant l'insolence ,

ffennissez l'appui d'un trône qui balance.

340 COSROÈS,

PALMiRAS, à Siroes,

Mais soutenez -le, prince, et prêter -y le bras;

Lie ciel est inutile à qui ne s'aide pas.

Quand vous pouvez agir , épargnez le tonnerre ;

Avant l'aide du ciel , servez - vous de la terre ;

Usez de vos amis, de vous-même et du temps,

Et donnez seulement un chef aux mécontens :

Sans peine vous verrez votre ligue formée.

De ice nombre déjà comptez toute l'armée ,

A qui la paix, deux fois refusée aux Romains,

Fait d'un juste dépit choir les armes deâ mains.

Et qui, me préférant au chef que l'on envoie,

Sous main embrassera mes ordres avec joie.

Des satrapes encor tout le corps irrité ^

S'offre à prêter l'épaule à votre autorité;

Et tous , unis pour nous de même intelligence ,

Gardent encore à part leurs sujets de vengeance.

En la mort d'Hormisdas les uns intéressés ,

De ce grand attentat sont encore blessés.

Et verroient avec joie et d'une ardeur avide

Punir par un second le premier parricide;

D'autres, dépossédés de leurs gouvememens.

Attendent pour s'ouvrir les moindres mouvemens ;

Et d'autres , offensés en leurs propres familles ,

En l'honneur d'une femme , en celui de leurs filles ,

Trop foibles pour agir, jusqu'à l'occasion

Dissimulent leur haine et leur confusion.

Comme un soleil naissant le peuple vous regarde ,

Et, ne pouvant souffrir celui qui vous retarde.

Déteste de le voir, si près de son couchant.

Traîner si loin son âge imbécile et penchant.

^rM

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