‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 233 sur 432 · ACTE II, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE

COSROÈS.

'entendez -VOUS pas, du fond de cet abime, ojfable voix me reprocher mon crime , pagnant l'horreur de cet acte inhumain , noti propre flanc solliciter ma main ?

vez-TOUS pas dans cet épais nuage père expirant la ténébreuse image , aer de sortir de son trône usurpé , entrer l'endroit par oii je l'ai frappé? ous pas sortir de cet horrible gouffre , haie que feu , que bitume et que soufre , le décharné qui , me tendant le bras , d'y descendre et d'y suivre ses pas ?

gerenx poison, peste des grandes âmes, ambition , dont je crus trop les flammes , DUT t'aasouvir ne peux rien épargner, n'as cher vendu le plaisir de régner ! ândre à tes vœux , et pour te satisfaire , il t'a fisillu sacrifier mon père, un même coup immolé mon repos , mords étemel traverse à tout propos.

: de moi-même encor le sacrifice, lans le ciel j'ois gronder mon supplice , mèbre apprêt noircir tout l'horizon.

(U semble recouvrer sa raison.) SARDARIGUE, à SirU.

\ a long -temps possédé sa raison.

SIR A, à Sardarigue.

et son bon sens recouvre son usage, occasion il faut prendre avantage , ant son dessein , savoir le temps précis

348 CpSROÈS,

Qui doit combler mes vceux en couronnant mon fils.

(A Cosroé».) i

Nourrissez -VOUS toujours ce remords qui vous reste? . Si vous ne l'étoufFez , il vous sera funeste. De ce malheur , seigneur , perdez le souvenir ; L'avoir gardé vingt ans est trop vous en punir.

GOSROÈS.

Tout l'état y où j'occupe un rang illégitime ,

M'entretient cette idée et me montre mon crime ;

L'aversion du peuple et celle des soldats

M'est un témoin public de la mort d'Hormisdas^

Et plus que tout , hélas ! la fureur qui m'agite ,

Quand elle me possède , à le suivre m'invite.

J'ai regret que ce mal vous coûte tant de soins ,

Et honte en même temps qu'il vous ait pour- témoinS'^

Mais plus de honte encor^de son énorme cause ^

Qui , fol et parricide , à tout l'état m'expose.

SIRA

Tant que vous retiendrez les rênes de l'état , Vous y verrez l'objet qui fait votre attentat ; Et vous ne pouvez voir ni sceptre ni couronne Sans vous ressouvenir qu'un crime vous les donne. Votre repos encor souffre visiblement Du soin que vous prenez pour le gouvernement ; Vos ennuis de ce soin vous rendent moins capable. Déposez ce fardeau devant qu'il vous accable : C'est un faix qu'il me faut déposer avec vous; Mais je renonce à tout pour sauver un époux. Déchargez votre esprit de ce qui le traverse ; Cosroès m'est plus cher qu'un monarque de Perse ; Sans lui je ne puis vivre , et vivant avec lui Je puis être encor reine et régner en autrui.

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