ACTE II, SCÈNE
COSROÈS.
'entendez -VOUS pas, du fond de cet abime, ojfable voix me reprocher mon crime , pagnant l'horreur de cet acte inhumain , noti propre flanc solliciter ma main ?
vez-TOUS pas dans cet épais nuage père expirant la ténébreuse image , aer de sortir de son trône usurpé , entrer l'endroit par oii je l'ai frappé? ous pas sortir de cet horrible gouffre , haie que feu , que bitume et que soufre , le décharné qui , me tendant le bras , d'y descendre et d'y suivre ses pas ?
gerenx poison, peste des grandes âmes, ambition , dont je crus trop les flammes , DUT t'aasouvir ne peux rien épargner, n'as cher vendu le plaisir de régner ! ândre à tes vœux , et pour te satisfaire , il t'a fisillu sacrifier mon père, un même coup immolé mon repos , mords étemel traverse à tout propos.
: de moi-même encor le sacrifice, lans le ciel j'ois gronder mon supplice , mèbre apprêt noircir tout l'horizon.
(U semble recouvrer sa raison.) SARDARIGUE, à SirU.
\ a long -temps possédé sa raison.
SIR A, à Sardarigue.
et son bon sens recouvre son usage, occasion il faut prendre avantage , ant son dessein , savoir le temps précis
348 CpSROÈS,
Qui doit combler mes vceux en couronnant mon fils.
(A Cosroé».) i
Nourrissez -VOUS toujours ce remords qui vous reste? . Si vous ne l'étoufFez , il vous sera funeste. De ce malheur , seigneur , perdez le souvenir ; L'avoir gardé vingt ans est trop vous en punir.
GOSROÈS.
Tout l'état y où j'occupe un rang illégitime ,
M'entretient cette idée et me montre mon crime ;
L'aversion du peuple et celle des soldats
M'est un témoin public de la mort d'Hormisdas^
Et plus que tout , hélas ! la fureur qui m'agite ,
Quand elle me possède , à le suivre m'invite.
J'ai regret que ce mal vous coûte tant de soins ,
Et honte en même temps qu'il vous ait pour- témoinS'^
Mais plus de honte encor^de son énorme cause ^
Qui , fol et parricide , à tout l'état m'expose.
SIRA
Tant que vous retiendrez les rênes de l'état , Vous y verrez l'objet qui fait votre attentat ; Et vous ne pouvez voir ni sceptre ni couronne Sans vous ressouvenir qu'un crime vous les donne. Votre repos encor souffre visiblement Du soin que vous prenez pour le gouvernement ; Vos ennuis de ce soin vous rendent moins capable. Déposez ce fardeau devant qu'il vous accable : C'est un faix qu'il me faut déposer avec vous; Mais je renonce à tout pour sauver un époux. Déchargez votre esprit de ce qui le traverse ; Cosroès m'est plus cher qu'un monarque de Perse ; Sans lui je ne puis vivre , et vivant avec lui Je puis être encor reine et régner en autrui.