‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 237 sur 432 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

MARDESANE , COSROÈS , SIR A, HORMISDATE,

Gardes.

COSROÈS, à Mardesane,

Venez ; l'état , lassé de ployer sous ma loi , Et mon propre repos , nous demandent un roi. Prince , allons le donner , et consultez vos forces.

MARDESANE, à pOTt.

Funeste ambition , cache - moi tes amorces !

COSROES.

Mes jours , près d'arriver à leur dernière nuit , Et l'incommodité qui les presse et les suit , Et qui bientôt m'appelle au tribunal céleste , Souffrent qu'à mon empire après ma mort je reste. Les travaux et les soins qui m'ont tant fait vieillir Ne peuvent toutefois entier m'ensevelir ; Malgré l'effort du temps et de mes destinées , J'ai par qui prolonger ma gloire et mes années , Tome V. 23

354 COSROÈS,

Par qui , las de régner , voir le règne suivant , Me le perpétuer , et renaître vivant ; Par qui , laissant l'état , en demeurer le maître ; Et c'est vous , Mardesane , en qui j'en veux renaître. Soutenez bien le bras qui vous couronnera ; C'est un prix que je dois à l'amour de Sira. . Remplissez dignement le trône et notre attente , Et représentez bien celui qui vous présente. •

MARDESAKE.

Je suis à vous, grand prince, et je serois jaloux Qn'un autre eût plus de zèle et plus d'ardeur polir vm Je sais ce que je dois à votre amour extrême ; J'en ai le témoignage et le gage en moi - même ; Et quand dès le berceau vous m'auriez couronné , En me donnant le jour vous m'avez pltiis donné. A quoi donc puis -je mieux en employer l'usage, Et destiner mes soins, qu'au soutien de votre âge; Occupez -les, seigneur, j'en serai glorieux; Le faix de vos travaux me sera précieux : Mais , m'en donnant l'emploi , demeurez - en l'arbitre Commettez le pouvoir , mais retenez le titre ; Ou , si vous dépouillez le titre et le pouvoir , Voyez qui justement vous en devez pourvoir. Par la loi de l'état le sceptre héréditaire Doit tomber de vos mains en celles de mon frère; Comblez -le dés bontés que vous avez pour moi.

COSROÈS.

La loi qu'impose, un père est la première loi.

SIRA

Vains sentimens de mère , importune tendresse , On reçoit vos faveurs avec tant de foiblesse !

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