‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 238 sur 432 · ACTE II, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IL

r« inifl an monde un fruit indigne de mon rang , Et ne puis en mon fils reoonnoitre mon sang I ETooni si dignement , et né pour la prorince , [1 n'a pu contracter les sentimens d'un prince ; Et l'offre qu'on lui Eût d'un pouvcnr absolu Peat trouirer en son sein un cœur irrésolu!

MABDESAlfE.

D'un sang assez ardent n'animez pas les flammes ;

Tai tous les sentimens dignes des grandes âmes ,

St nHm amlntion me sollicite assez

^ rang que je rejette et dont vous me pressez.

iJn trône attire trop , on y monte sans peine ;

-i importance est de voir quel chemin nous y mène,

)e ne s'y pretter pas pour bientôt en sortir ,

î-t pour n'y rencontrer qu'un £imeux repentir.

^1 j'en osois , seigneur , proposer votre exemple ,

'e cette vérité la preuve est assez ample ;

^ bâton , sans un sceptre , honore assez mon bras.

i^d roi , par le démon qui piréside aux états ;

^ ses soins providens , qui font fleurir le vôtre ;

ir le sang de Cyrus , noble source du nôtre;

ir l'ombre d'Hormisdas ; par ce bras indompté ,

'Héraclius encore aujourd'hui redouté;

' par ce que vaut même et ce qu'a de mérite

t reine, dont l'amour pour moi vous sollicite ,

î son affection ne servez point les feux,

'■ , sourd en ma faveur une fois à ses vœux ,

'ufirez-moi de l'empire un mépris salutaire ,

- sauvez ma vertu de l'amour d'une mère ;

>iigez de quels périls vous me faites l'objet ,

i votre complaisance approuve son projet.

356 COSROÈS,

I^s Grecs et les Romains, aux pieds de nos murailles ,

Consument de l'état les dernières entrailles , '

Et, poussant jusqu'au bout leur ^rt toujours vainqueur,

En ce dernier asile en attaquent le cœur.

Des satrapes mon frère a les intelligences-;

Et cette occasion , qui s'offre à leurs vengeances,

Donne un pieux prétexte à leurs soulèvemens ,

Et va faire éclater tous leurs ressentimens.

Un Palmiras , enflé de tant de renommée y

Déipis de ses emplois et chassé de l'armée;

Un Phamace , un Saîn , dont les pères proscrits ,

D'une secrète haine animent les esprits ,

Peuvent -ils négliger l'occasion si belle,

Quand elle se présente, ou plutôt les appelle ?

Si l'ennemi , le droit , les grands , sont contre moi ,

Au parti malheureux qui gardera la foi ?

Par qui Fautorité que vous aurez quittée

Sera -t- elle en ce trouble, ou crainte, ou respectée,

Si pour donner des lois il les faut violer ?

En m'honorant , seigneur , craignez de m'immoler ;

Qui veut faire usurper un droit illégitime ,

Souvent au lieu d'un roi couronne une victime ;

Et l'état est le temple , et le trône l'autel

Oîi cette malheureuse attend le coup mortel.

COSROÈS.

Vous craignez de régner faute d'expérience ;

Il y faut de l'ardeur et de la confiance ;

Un sceptre à le porter perd beaucoup de son poids;

Votre règne établi justifîra vos droits ;

Des factieux mon ordre a prévenu les ligues ,

L'arrêt de Siroès rompra toutes ses brigues ;

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