SCÈNE IL
SES mêmes; SIROÉS, PALMIRAS, PHARNACE.
sifiots y assis.
Nous venons pourvoir contre la violence : de votre forie et de votre insolence, f bien, madame?
SIRA
Hé bien , traître , te voilà roi : * i pointe de mes traits a tourné contre moi ; : par oii j'ai voulu mettre un fils en ta place , te mets en la mienne et m'acquiers ta disgrâce, û &it plus ; j'ai tenté , pour le coup de ta mort , ir le bras d'un des miens un inutile effort ; li, si tu Pas OUI , souhsdté ma franchise , m de ma propre main en tenter l'entreprise, s fen étonne pas , le jour m'est à mépris ; û juré de périr ou voir régner mon fils j A la liberté m'étoit encore offerte j n emploîrois pour lui tout l'usage à ta perte, t-ce assez ? les témoins sont ici superflus, ^n procès est bien court, prononce là -dessus.
SIROÈS
hmre ce grand cœur , et nous devons , madame , renom mémorable à cette force d'âme.
39^ COSROÈS, •
Vous avez dans l'état , avec ce grand courrons ,
Fait de grands cbangemens , mais funestes pour voiqr
SIRA
3 e considère peu ce qui m'en est funeste.
Tout le mal qui m'en vient est le bien qui t'en reste;
Je plaindrois peu la vie et mourrois sans effort.
Si sujet de mon fils tu survivois ma mort ,
Ou si de tes destins j'avois trancHe la trame.
SIROÈS
C'étoient de grands desseins pour la main d'une femme , £t qui méritoient bien d'en délibérer mieux Qu'avec l'ambition qui vous silloit les yeux:. 11 faut ou plus de force ou plus d'heur qu'on n'estime Pour exclure d'un trône un prince légitime ; Les fiuiestes complots qu'on fait contre ses jours Peuvent avoir effet , mais ne l'ont pas toujours : Vous l'éprouvez , madame. Avec ce grand courage, Qui pour me mettre à bas a tout mis en usage , Avec tout cet effort qu'avez-vous avancé ? Sur qui tombe ce foudre ? où l'avez -vous lancé ? Sur la tête où vos mains portoient mon diadème , Sur celle de mon père , et sur la vôtre même. Par quel aveuglement n'avez -vipus pas jugé Qu'ayant des dieux au ciel j'en serois protégé ? Doutez-vous que l'objet de leurs soins plus augustes Est l'intérêt des rois dont les causes sont justes ?
SIRA
Us l'ont mal témoigné , quittant notre parti , Et souffrant pour le tien ce qu'ils ont consenti. Mais, qu'ils veillent ou non sur les choses humaines , Au fait dont il s'agit ces questions sont vaines.
ACTji V, SCENE II. SgS
ronojçant mon arrêt, chasse -moi de ces lieux , )nay délivre -moi de l'horreur de tes yeux; Ihique trait m'en punit, chaque regard m'en tue , It mon plus grand supplice est celui de ta vue.
SIROÈS
I fous fiiut affranchir d'un si cruel toiirment.
(Aux satrapes.)
•rinces, délivrez -l'en par votre jugement.
SIRA
lâibàre , cmel , consulte tes ministres ;
fô8 malheurs sont le fruit de leurs avis sinistres ;
!e reste de proscrits échappés aux bourreaux
[e pouvoit s'élever que d^sus nos tombeaux ,
•t ne peut recouvrer que par notre disgrâce
km le gouvernement les rangs dont on les chasse ;
s ont grand intérêt ea la mort que j'attends;
e crains point , leurs conseils iront où tu prétend^.
é bien, perfide I et vous , lâches suppôts de traîtres ,
u'avez-vous résolu, mes juges et* mes maîtres?
a ois, lui montrant le poignard et le poison qu'un
garde lui présente.
i m'a de votre part apporté ces présens .
SIRA
rate?
SIROi^S.
Les trouvez -vous des témoins suf&sans, 1 s'il &ut autre chose afin de vous confondre ?
uand j'ai tout avoué , je n'ai rien à répondre ; prends droit par moi-même , etlnon plus grand forfait tt non d'avoir osé , mais osé sans effet.
394 COSROÈS;
SIROiS.
Les instrumens du mal le seront du supplice : Choisissez Fun des deux, et faites -vous justice.
SIRA
C'est quelque grâce encor, je n'osois l'espérer; Je choisis le poison, fais -le -moi préparer: Je l'estimerai moins un poison qu'un remède Que je dois appliquer au mal qui me possède ; Le goût m'en sera doux , au défaut de ton sang , Dont avec volupté j'eusse épuisé ton flanc. Je préfère à la vie une mort salutaire , Qui me va délivrer des mains d'un adversaire. Mais joins une autre grâce aU c^oix de mon trépas, Tyran , fais que mon fils y précède mes pas , Pour le voir par sa mort exempt de l'infante De recevoir des lois d'une main ennemie; Vivant , de son crédit tu craindroîs les eflFets.
• SIROÈS
Vos vœux sont généreux, ils seront satisfaits. Qu'il entre, Sardarigue, et remenez la reine.
SIRA, avec emportement. .
Reine est ma qualité, quand tu sais qu'elle est vaine! Hier j'étois ta marâtre , et je tiens à grand bien De mourir aujourd'hui pour ne t'être plus rien.
( Elle sort avec Sardarigue et les gardes. ) PALMIRAS.
Donnez au désespoir ces reproches frivoles.
SIROÈS
Elle est femme , elle iheqrt , et ce sont des paroles ; Bien plus , si* l'intérêt de mon autorité
ACTIi V, SCÈNE III. 395
i poiiYoit épargner cette sévérité , ijaoi que la vengance avec droit me convie , ec plaisir éncor je souffrirois sa vie , , malgré tant d'effet de son aversion , ffàrerois sa grâce à sa punition.
PALMIEAS*
mettant l'intérêt qui touche sa personne , roi ne peut donner celui de la couronne , I s'il voit que l'état coure quelque danger , : oontraii^ de punir , s'il ne se veut venger, justice est le bien de toute la province ; qu'il pourroit sujet , il ne le peut pas prince ; llndulgénce enfin qui hasarde un état : le plus grand défeut qu'ait un grand potentat.