ACTE I, SCÈNE II
TH^ ast;e , la retenant.
l'imagmez-vous point ma peine sans seconde ? Aeux ! oomme il est aisé de tromper Flornnonde ! (ue vous êtes crédule ! et que la vanité >e rencontre souvent avecque la beauté!
Aon cœur passoit déjà pour vôtre en votre estime, lit vous disiez déjà : Je tiens une victime. Ites-vous si facile, et ne saver-vous pas ^e la beauté que j'aime a de si doux appas ? ^ un autre , madame , exercez la vengeance Qui doit à vos ennuis donner tant d'allégeance ; le n'accuse pour vous ni le ciel ni le sort , Et ne vous ferai point coupable de ma mort.
FLORIMONDE
Je ne commence pas aujourd'hui de connoitre
Où l'artifice règne et combien l'homme est traître ;
Sfais je ne me plains 'point de cette traliison ;
Je t'aime en cet état^ co.userve la raison ;
Adore Cléonie et m'épargne le crime
De faire trop souffrir un homme que j'estime.
Adieu ; ne doute point du dessein que je fais ,
£t qui s'aimera bien qu'il ne m'aime jamais.
(ttlfe sort.)
THÉASTs setd.
Saisi, charmé, confus, Amour, par quelle plainte îrouverai-je l'ennui dont mon âme est atteinte ? ^es vœux sont méprisés , tout espoir m'est ôté ; I^He rit de ma peine î?t de ma vanifté , £t je conserve encor cette flamme importune Qui trouble mon repos et détruit ma fortune ; •Mes désirs sont payés d'un aveugle rcifus^ L'ingrate me rebute , et je n'espère .plus.
4^4 FLORIMONDE
O vanité frivole! orgueil insupportable
Dont j'ai voulu couvrir une ardeur véritable !
Lé temps , qui change tout, eût changé ses mépris,
Et ma persévérance eût touché ses esprits.
Mais mon cœur est esclave et mon humeur est vaine;
Un malheureux captif veut déguiser sa peine;
J'oblige cette belle à me désobliger;
J'irrite sa rigueur, et j'aide à m'affliger.
Que résoudrai-je enfin? quel avis dois-je suivre?
Ce malheur infini me permet-il de vivre?
Lui dois-je une autre fois parler de mon tourment?
Et la dois-je revoir en qualité d'amant ?