‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 285 sur 432 · ACTE II, SCÈNE I. ^ic · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I. ^ic

l^queaide qu'on leur cherche et qui leur soit offerte; Mnà^ se travailler pour son allégement , Cest fiiillir et se faire ennemi d'un amant.

THÉASTE.

l'avoûrai tes discours si tu souffres que j'aime ;

l'ai des titres communs avec mon maître même ;

le crains aveuglément l'avis que je reçoi ,

Mais mon maître est enfant , et sans yeux comme moi.

EVAITDRE.

Ajoutez à ces noms le titre d'infidèle. Que fera Félicie ? et vous souvient -il d'elle ? Ne soupirez - vous plus peur un objet si doux? Et peut - on retirer la foi qu'elle a de vous ?

THIÉASTE.

E^eux- tu, cruel ami, m'afiliger de la sorte ?

ÉVAWDRE.

^^ment ?

théasi;e.

Ne sais -tu pas que Felicic est morte ?

^n frère m'a mandé ce malheur sans pareil ,

2t vit perdre le jour à ce jeune soleil.

ÉVANDRE

^ous ne m'en dîtes rien.

THÉASTE.

Le ciel ouït mes plaintes ; ^e renouvelle^ point ces sensibles atteintes , c meurs' à ce penser.

ÉVANDRE

Mais Cléonie , au moins , possédé depuis votre espoir et vos soins? ,

43o FLORIMONDE,

Tu ressens comme moi Tamour qu^elIe a f^it naître;

Je serai, si tu veux, lâche, perfide, traître.

Mes soupirs étoient feints , mes sermens étoient faux ,

Je confesserai tout, j'avoûrai mes défauts.

J'adorois Florimonde , et l'œil de Cléonie

Ne contribuoit point à mai peine infinie :

Elle peut agréer où madamer n'est pas , •

Mais cet aimable objet dissipe ses appas ;

Elle est à ses cotés et sai^s lustre et sans grâce,

Comme auprès du soleil une étoile s'efface ;

Et je ne la sqivois qu'avec dessein de voir

Celle qui sur mes sens exerce son pouvoir.

EVAITDftE.

Tu peux ne l'aimer plus , mais cette médisance Dont tu veux lâchement couvrir ton inconstance, Est honteuse et détruit ton premier sentiment Avec trop d'injustice et trop ingratement. De tes lâches mépris mon jugement s'irrite , Et je dois cette preuve à son rare mérite ; Elle a des qualités dignes de tes désirs, Et ton affection est due à ses soupirs.

THÉASTE. '

Si tu veux , inhumain , m'afïliger de la sorte , Brisons ; sors d'intérêt en tout ce qui m'importe ; Laisse -moi le souci de gouverner mes vœux. Et ne t'obstine point contre ce que je velix.

( Il aperçoit Florimonde. )

Voilà cette beauté dont toute âme est charmée; De combien de rayons est la tienne enflammée ? La faut -il aborder? O respects superflus!

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