SCÈNE IL
Les m*mes; FLORIMONDE.
livANDRE , a Florimonde.
^ ne plaindroit son mal à voir comme il soupire ? Stqui ne jugeroit qu'il souffre un vrai martyre?
THIÉASTE.
^eux-tu , cruel ami , douter de mon tourment , ît t'opposer toi-même à mon allégement?
FLORIMONDE
-A feinte désormais n'est plus assez subtile ; *aites vos passe -temps d'un esprit plus facile; e n'aurois pas sujet de trop de vanité , )uand j'aurois du pouvoir sur votre liberté.
THÉASTE.
ous djoutez justement combien je vous respecte ;
la propre vanité rend ma flamme suspecte ;
It vous m'avez fait voir des mépris si puissans ,
|ue j'ai désavoué cette ardeur que je sens.
lais cette vaine humeur cède enfin à ma peine ;
fc ne déguise plus une amour si certaine ,
^t quelques longs mépris dont je sois menacé ,
e reconnois les traits dont mon cœur fut blessé.
432 FLORIMONDE
Que jamais vos beaux yeux ne me rendent justice, Que du crime d'autrui je porte le supplice ; N'épargnez ni froideurs, ni dédains, ni refus; Ce superbe captif ne se révolte plus ; Je rendrai sans rougir ce tribut à vos charmes , Et j'avoûrai partout le sujet de mes larmes.
ÉwAinDKE , à Florimonde.
Il feint subtilement, il le faut confesser; Mais il brûle d'un feu qui ne sauroit cesser.
THIÉASTE.
Est-ce ainsi que tu sers une douleur si forte: Est-ce l'allégement que ta pitié m'apporte? Injurieux ami , me niant du secours , Laisse à ma passion au moins un libre cours. Adieu, laisse -moi seul.
FLORIMONDE
Non, non, sa compagnie N'augmente ni décroît ma froideur infinie , Je crois ce qui vous plaît; vous m'aimez en effet, Mais ne savez -vous pas le dessein que j'ai fait ? Et si vous ne doutez de mon indifférence , Etes -vous satisfait d'aimer sans espérance?
ÉVANDRE
Madame, est -il quelqu'un qui ne sache en ces lieux Qu'il aime Cléonie à l'égal de ses yeux? Et n'admirez vous point avec combien d'adresse Il veut persuader qu'un autre objet le blesse.
THJÉASTjp, tirant son épée.
Traître, c'est trop souffrir ce discours insolent, Par qui tu rends suspect un feu si violent.