‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 313 sur 432 · FLORIMONDE, CLÉANTE · texte numérisé non relu

FLORIMONDE, CLÉANTE

GLUANTE

Insensible sujet du tourment qui me presse ,

D'un sévère mépris sévère vengeresse ,

Qui du mal que j'ai fait Êtites mon châtiment ,

Et qui pour me punir m'imitez seulement ,

Forcez, reconnoissant ma peine et mon servage ,

D'une extrême bonté cet extrême courage ;

Je n'excuserai point ces mépris insolens

Dont j'ai moi-même éteint des feux si violens. .

Je ne murmure point , ma peine est légitime ,

Et mpn supplice encore est moindre que mon crime.

Mais que n'obtiennent pas des soupirs si pressans ?

Que ne peuvent toucher les ennuis que je sens ?

Et qu'est-ce que, forçant les plus justes défenses,

Ne font sur un grand cœur de grandes repentances ?

Je me sens consumé des feux que j'ai nourris ;

Mes pleurs ne coulent plus et mes yeux sont taris ;

A peine en ma douleur , qui n'a point de seconde ,

Puis- je que proférer le nom de Florimonde ;

Ce beau nom est tout seul l'entretien de ma voix ,

472 FLORIMONDE,

Ces bois et ces rochers l'ont ouï mille fois ;

Ils m'ont vu soupirer , et , s'ils le pouvoient dire,

Us rendroient votre cœur sensible à mon martyre.

FLORIMOITDE.

Me suivrez - vous long - temps ? quel est ce vain tourment? Quoi ! l'Amour peut sur vous régner si lâchement ! N'êtes -vous pas, monsieur, cet objet insensible , Ce cœur indifférent , de glace , inaccessible , Indigne de nos vœux , qui n'a rien mérité , Et qui n'a rien de cher après sa liberté ? Ingrat , ainsi le ciel a changé ma fortune ; Ainsi je dois répondre à ta plainte importune ; En vain tu prétendrois un plus doux traitement. Adieu , pleure , languis ^ soupire librement.

CLÉkJXTÎE^ à genoux.

Par ces yeux que j'adore, ouvrez, belle meurtrière, Encore un seul moment l'oreflle à ma prière : Je suis donc un coupable indigne de pardon ? Et tant de criminels ont obtenu ce don ; Un obstiné mépris , une insolente audace , Et la trahison même a parfois eu sa grâce ; Ne portez point , cruelle , aux extrêmes effets Le plus humble captif que vous eûtes jamais. Ma mort vous déplaira quand vous l'aurez soufferte ; Qui m'aura méprisé regrettera ma perte; Et tels à qui les pleurs ont fait de vains efforts, Ont bien été pleures quand on les a cnis morts.

FLORIMONDE

Yoyez comme l'amour apprend de belles choses I Vous avez lu cela dans les Métamorphoses; Mais ce siècle n'est plus.

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