‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 320 sur 432 · ACTE V, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE III

fin être vainqueur parce qu'il a cru l'être. i Eût mentir mes yeux ; il est vrai que j'ai feint , lis je l'en avertis avant qu'il fût atteint; n'ai pu rebuter son ardeur violente ; ,'offrit à payer les mépris de Cléante; s'étant fait tromper , enfin mal satisfait , e veut Ëdre passer de la feinte à l'effeL m rival s'abaissant a ma fureur changée : ! devois-je punir puisque j'étois vengée, : n'être point sensible aux vœux que j'ai reçus ? est notre différent , jugez -nous là -dessus.

CLliONIE.

léaste souflirira pour un commun exemple ; ir ma bouche l'Amour le bannit de son temple , : désire qu'il soit , d'une commune voix, mu pour un esclave indigne de ses lois.

THÉASTE.

le notable arrêt! Il faut crier miracle; i dbylle , messieurs , a rendu son oracle. i belle occasion qu'elle a prise aux cheveux ^- punir le mépris que j'ai fait de ses vœux !

GLlÊOiriE.

li , j'ai fort ressenti le pouvoir de tes charmes ! ut -être tu m'as vue à tes pieds fondre en larmes! as -tu point été vain de ma ferme amitié,

n'ai -je point souvent imploré ta pitié ?

mme en son sentiment tout le monde se flatte ,

veux paroitre ingrat et moi paroître ingrate ; nnoissant ma froideur , tu fois l'indifférent, oute , et que ce mot règle ce différent : ois que si mon amour n'a ton âme emflammée , Tome V. 3i

48a FLORIMONDE,

Je t'aimois moîiis enoor que je n'etois aimée. Ton frère en m'oubliant m'avoît assez appris A ne me fier pas en voi Subies esprits. Théaste , il est certain que j'aimai ce volage , Et pour ne Taimer plus j'ai trop peu de courage. Qu'il vante , qu'il sott vain de cette passion , Je ne rougirai point de ma confession ; Je conserve une ardeur que ni sa perfidie Ni son éloignement n'ont jamais refi*oidie. J'aimois ton entretien comme de son parent , Et j'ai promis beaucoup à ton mal apparent ; Mais ce fut seulement pour montrer à Timante Que je pouvois chasser l'ennui qui me tourmente ; Je ne flattois d'espoir tes désirs superflus Que pour lui témoigner que je ne l'aimois plus.

• THÉASTE.

Que ton humeur est feinte !

GLioiflE.

Et la tienne légère !

N« te souvient -il point de certaine étrangère Dont on t'a vu trahir la chaste affection ? Et je t'aurois aimé sachant cette action ! Connois-tu Félicie?

TEiÉkSTE.

Si ta voix inhumaine , Ici cruellement renouvelle ma peine y Plût au ciel , Cléoni^( et ne me crois jamais Si tu tiens pour suspect le souhait que je fais), Plût au ciel que ma mort eût conservé sa vie , Ou que , ne le pouvant , je l'eusse au moins suivie ! Que cet heureux trépas m'eût épargé de pleurs Et que j'eusse évité de sensibles douleurs !

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