‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 336 sur 432 · ACTE I, SCÈNE IV. Sog · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV. Sog

iSlise.

Prince, je sors d'un sang dont

DON PÈDRE

Vous pourriez descendre 3u du sang de César ou du sang d'Alexandre, !^e je ne tous pourrois souffrir la vanité De m'étre 'si barbare avec impunité.

Pai , par tous les efforts qu'un vrai zèle a pu faire , Z^omblé dTieur et de gloire et vous et votre frère ; Pour le rendre célèbre et signaler son nom , Pai mis entre ses mains les armes d'Aragon ; Et , pour voir tout ployer sous son obéissance , re me suis dépouillé de ma propre puissance. Si je pouvois sans honte , en un juste courroux , Rappeler à vos yeux ce que j'ai fait pour vous , Et ce que vous payez d'un traitement si rude , h vous ferois rougir de votre ingratitude. r«i vu pour vous servir cent climats étrangers , J'ai traversé cent mers et franchi cent dangers Jue tout autre peut-être eut crus inévitables, £t que n'ont pas tentés tous les héros des fables. La seule ardeur de plaire à ce cœur inhumain tfe mit presque en naissant les armes à la main. Dedans tous les succès dont j'ai rempli l'histoire , h n'ai , quoi qu'on ait cru , rempli que votre gloire ; ïe n'ai servi l'état que par l'ambition D'accroître ou conserver votre possession. D'en affermir pour vous l'autorité suprême , Et joindre des brillans à votre diadème. L^pagne a vu pour vous l'effroi sur ses deux mers ; Ces bras victorieux traînoient partout vos fers : ^'ai tout vaincu pour vous , et vous seule invincible

5io DON LOPE DE CARDONE,

Opposez à ma flamme un cœur inaccessible. Mais puisqu'on ne peut rien «oumis ni conquérant , Que vous avez horreur d'un prince soupirant , Qu'avec tout mon respect je ne vous saurois plaire, Mon amour irrité se saura satisfaire , Et , pour justifier l'horreur que je vous fais, Passera sans respect des plaintes aux effets.

ÉLISE

Oh ! le grand roi qu'en vous attend cette province ! Oh ! que vous avez bien les sentimens d'un prince ! Issu d'un sang royal , et né pour un état , Vous pouvez concevoir un si lâche attentat !

DON PÈDRE

Vos mépris.....

ELISE

Et peut-être, après cette menace.

Vous prétendrez encor quelque part en ma grâce , Et vous espérerez des traitemens plus doux ! J'aurois les sentimens aussi lâches que vous , Et je mériterois de vous être alliée, Si jusqu'à vous aimer je m'élois oubliée. Fermez, fermez les yeux aux respects les plus saints; Bâtissez -vous en l'air vos infâmes desseins, Et croyez tout pouvoir avec toute licence , Mon honneur saura bien pourvoir à sa défense ; J'aurai , j'aurai mémoirç et du temps et du lieu Où

DOW PÈDRE-

Ma princesse , un mot.

ÉLISE

Laissez -tnoi , prince , adiew

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