‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 338 sur 432 · THÉODORE, CYNTHIE, DON PÈDRE · texte numérisé non relu

THÉODORE, CYNTHIE, DON PÈDRE

THIÉODORE.

'u rang que vous tenez avez -vous connoissance ? ^vez-vous de quel sang nous avons pris naissance, ^nce , et que rAr^gon et cent climats divers iT vous pour les régir tiennent les yeux ouverts ? ^t-il d'une tête et d'une âme commune ^ur le noble fardeau qu'attend votre fortune ? st-ce assez pour porter le sceptre d'Aragon, lie vous ayez d'un prince et Ic'sang et le nom ?

&at qu'un souverain ait d'autres caractères ue les hommes communs et les âmes vulgaires.

état , toujours veillant dessus ses actions , e ses moindres pensers prend des impressions ; eut voir à quels instincts sa nsdssance l'incline , t jusque dans le cœur sans faveur l'examine, uelle attente , mon frère , et quelle impression ecevra votre état de votre passion , •ont l'empire honteux vous maîtrise et vous brave , isqu'à vous abaisser à des devoirs d'esclave ? Tome V. 33

5iv4 DON LOPE DE CARDONE,

La fbiblesse d'aimer parmi tant de mépris Se pardonneroit-elle aux plus lâches esprits? Elise vaut beaucoup, mais a-t-elle des charmes A faire de vos yeux tomber d'indignes larmes, A vous tirer du sein de si fréquens sangbts , A ne pas vous laisser un moment de reps ; A vous avoir distrait des travaux de la guerre , Après l'avoir portée aux deux bouts de la terre. Après qu'on vous a vu , par tant d'expbits divers , Près de faire espagnol presque tout l'univers ?

DON PÈDRE

Je blâme autant que vous ce changement extrême ; Je m'en fais touâ les jours le reproche à moi -même ; Je déteste l'ardeur dont je suis consumé ; J'en suis confus , ma sœur : mais avez-vous aimé ?

THEODORE

Mon sexe n'exclut pas de Tamoureux empire ; L'Amour est absolu sur tout ce qui respire ; Mais aimant , je voudrois garder le souvenir Du rang où je suis née et que je dois tenir.

DQIS PÈDRE.

L'amour n'est point amour qu'alors qu'il est extrême» Et ne nous laisse point de pouvoir sur nous -même: Lui pouvant refuser des hommages trop bas , Ma sœur , vous seriez libre et vous n'aimeriez pas. Quand vous blâmez l'ardeur dont vous m'entendez plaindre, Doutez -V0U5 des efforts que j'ai faits pour l'éteindre, Combien j'ai combattu , combien j'ai résiste ? Mes plus sanglans combats ne n>'ont pas tant coûte. J'ai détruit de trois rois l'empire tyrannique , J'ai soumis la Grenade et £ût trembler l'Afrique ,

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