ACTE II, SCÈNE IV
Le droit que sur Valenee Alphome a prétendu , Qu'une infid^e mer borne encor mon empire.
DOIT LOPE
Oui, seigneur, sous vos lois sa côte enoor respire;
Dessous votre étendard à peine déployé
De Fhydre cpû naissoit cent têtes ont ployé :
D'abord Albe , Oropèse , Alicante , Orivelle ,
ETont point voilu tenir pour le parti rebelle ,
Et nous semblions , à voir les peuples accourir ,
t^isiter vos pays plus que les conquérir.
"fos progrès navoient fait aucun sanglant spectacle,
^uand AlÊu^ de leur cours a commencé l'obstacle ,
^hj sans être envieux, je ne puis oublier
^ que la renomnée a dû vous publier ,
^ue don Sanche , sdgneur , par sa haute entreprise ,
^esque seul et sans nous a cette île conquise ,
>> le premier pris terre , et , pour gagner ces bords ,
y lançant, a couvert le champ de tant de morts ,
^uyé tant de traits , et de cette contrée
vecque tant de sang su s'aplanir l'entrée ,
|ue la frayeur qu'il mit au sein des ennemis
su* cet unique exploit a presque tout soumis :
[ais et de son adresse et de son grand courage
alence mieux qu'Alfach a rendu témoignage ;
e qu'a fait ce grand homme en ce célèbre exploi
e peut que par les yeux s'acquérir de la foi.
DOIT 6ANGHE.
rrétez moins , ami , sur des sujets frivoles , t pour parler de vous laissez -moi des paroles.
I>OW LOPE.
îi ne m'exprime pas comme vous méritez, [ais sans faste, sans art, je dis des vérités.
5ao DON LOPE DE CARDONE,
Victorieux d'Alfach , nou^ crûmes de Yalence Devoir sans différer attaquer l'insolence» A ce noble projet aucun ne balança; Nous résolvons le siège et chacun s'avança. Mais Gusman de Giron , qui gardoit ses murailles y Aimant mieux hasarder le destin 4es batailles , Assemble ce qu'il a de plus fameux soldats , Sort et marche vers nous pour nous couper le pas r De son camp approchant les sons nous réjouissent; Les cœurs moins résolus d'aise s'épanouissent ; Déjà d'un noble orgueil tous s'estiment vainqueurs , Les fronts pleins de fierté promettent XavX des cœan^ Et l'un et l'autre camp plus tôt aux^mains qu'en &cet Se dispute âprement la victoire et la place. Je ne vous peindrai point l'image de Thorreur Qu'y tracèrent de sang la Mort et la Fureur ; 11 suffit, pour bien peindre une guerre Allumée, Qu'on étoit Espagnol en Tune et l'autre armée \ Et que tantôt poussans , et tantôt repoussés , Aucuns rangs de long -temps ne furent enfoncés: Enfin ne pouvant plus voir la victoire en doute , Et d'aucuns qui ployoient craignant notre déroute, Ce grand homme , inspiré d'un généreux avis. Change avec un soldat et d'armes et d'habits , Et , prenant cent des siens pour marcher à sa suite , Dans le camp ennemi feint une lâche fuite, Couvre d'une infamie une haute vertu.
Se feint comme le bras le courage abattu , Et , demandant parti , conjure qu'on les rende Aux pieds victorieux de celui qui commande : Arrivés à son char , don Gusman apprend d'eux Des armes d'Aragon l'événement douteux ,