‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 350 sur 432 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

Les mêmes; DON FÉRNAND.

DOIT FERITAirD.

Trêve , illustres guerriers. Quelles lois rigoureuses

Portent à ces discords vos âmes généreuses ? *

Quel différent , cruels , suscitant ce combat ,

Divise contre soi les forces de l'état ,

Rend de si chers amis de mortels adversaires ,

Et des deux bras d'un corps fait deux partis contraires?

Mouillerez -vous de sang ce triomphe fameux

Qu'un seul et même emploi vous acquiert à tous deux

Quoi ! comte , quoi ! mon fils , ces fameuses épées ,

En même occasion si souvent occupées ,

Dont le commim effort et le fer rencontré

Dans une même plaie est si souvent entré ,

Et que même valeur et pareille fortune

En deux bras différens n'ont si souvent fait qu'une ,

Elles dont la furie et les efforts unis ,

Désertant la Grenade , en ont peuplé Tunis ;

Ces remparts de l'état , ces mouvantes murailles ,

Ces nobles instrumens de tant de funérailles ,

Qui tant de fois ont fait de leur zèle indompté

Une fidèle preuve à l'infidélité,

L'une à l'autre opposées, ont rompu l'alliance

Oïl l'Aragon fondoit toute sa confiance ,

Et s'efforcent d'ôter par un même attentat ,

Deux favoris au roi et deux bras à l'état?

Sans crime pouvez -vous écouter la furie

Qui veut dé ses appuis priver votre patrie ,

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