‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 372 sur 432 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

Les M:èM£s; DON PHILIPPE, Gardes; ensuite THÉODORE, CYNTHIE, LUCIE.

DON LOPE

Quelle bonté , seigneur , en ce lieu vous amène ? Vous , voir un criminel , vous dedans ma prison !

DON PHILIPPE

Je plains votre malheur , comte , et j'en ai raison ;

A votre seul renom toute l'Europe tremble ;

Il fait plus pour l'état que tout l'état ensemble.

Par vous l'Espagne est calme , et le More aujourd'hui

Respecte un souverain dont vous êtes l'appui :

La preuve de valeur que vous avez rendue

A réduit une ville à démentir sa vue :

Pour ce qu'a Êtit ce bras en ce célèbre emploi ,

La plus crédule oreille à peine a de la £|^i ;

Vous me rendez Valence , et par cette conquête

Ma couronne ébranlée est encor sur ma tête ;

Je vous en dois le prix , vous Tavez demandé :

C'est mon sang , c'est ma fille , il vous est accoinjlé ;

Oui , Théodore est vôtre , et ma reconnoissance

!N'a contre cet hymen excuse ni défense ,

Et je veux qu'à l'instant vous vous donniez Tes mains.

DON LOPE

iMoi, seigneur!

ÉLISE

O monarque , honneur des souverains !

la

DOK PHILIPPE.

Oui , VOUS ; mais de ce prix payant votre conquête , A ma justice aussi vous devez votre tête. Et vous n'avez pas dû perdre le souvenir Qu'aussi bien qu'à payer je suis juste à punir. Vous savez mon serment; vos désobéissances . Ont sans le respecter violé mes défenses : Les soins et les devoirs rendus à mes états Du respect de mes lois ne vous dispensent pas. Je sais que votre chute ébranle ma couronne ; J'en perds en vous perdant la plus ferme colonne, Je me prive d'un gendre , et perds en lui l'espoir De voir oii l'on m'ignore .étendre mon pouvoir : J'ai plus de part que vous dedans votre supplice; Mais contre son aang propre un roi doit la justice. Quand l'infante devoit régler votre débat , Contre mon ordre exprès vous rendez un combat ; Vous croyez qu'il suffit, pour mépriser son prince, D'avoir accru sa gloire et sauvé sa province : Non , non , je suis roi , comte , et ce combat &tal Attaquoit mon^ pouvoir plus que votre rival. Je ne puis balancer au châtiment d'un crime Où mon autorité voit blesser son estime ; Et mon règne est injuste , et j'y dois renoncer , Si je ne sais punir comme récompenser:

Don Sanche comme au crime auroit part aa supplice, Si 'sa mort ne l'avoit soustrait à ma justice ; ' Ainsi de mon arrêt évitant la rigueur La défaite est plus douce au vaincu qu'au vainqueur.

DON LOPE

Si les lois de l'honneur , sire , en cette occurrence Sur celles de l'état n'ont point de préférence,

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