ACTE V, SCÈNE IV
Si le roi , si l'état à nos vœux n'est contraire , Vous acquérez ia sœur en conservant le frère , Et vous gagnez un cœur que votre autorité Avec tout son éclat n'auroit jamais dompté.
DON PÈDRE
Vous , ma princesse , vous , à mes vœux exorable ! La fortune à ce point m'est -elle favorable?
(A don Philippe.)
De don Lope en mon sang expiez le forfait , Je ne puis plus^ seigneur, mourir que satisfait.
DON PHILIPPE
Non , non , prince , vivez ; votre amour a des charmes Qui forcent tout obstacle et m'arrachent les armes. Je consens à vos vœux le prix qui leur est dû , Et souscris à l'arrêt que vous avez rendu. Perdre un si noble sang que celui de Cardone Seroit avec douleur aftoiblir ma couronne.
(A don Lope.)
Théodore est à vous; donnez -moi des neveux Dignes et d'un hymen et d'un jour si fameux.
DON LOPE
A quels périls, grand roi , puis -je exposer ma vie, Où l'heur que je reçois ne soit digne d'envie? Et vous , prince , quel sang , après tant de bontés , Peut
DON 'PÈDRE
J'ai moins fait pour vous que vous ne méritez.
DON PHILIPPE
O ciel ! dont les décrets règlent nos destinées , Donne d'heureux succès à ces deux hyménées.
TRAGEDIE
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HISTORIQUE ET LITTÉRAIRE
SDR AMARILLIS ^
ET SUR L'iLLUSf RE JLUIlZOVE.
Dans le discours préliminaire de Tune des éditions diAmariUis , on lit : « 11 y a dix* huit à vingt ans que feu M. Rotrou ëbaucha cette pastorale , et il se proposait dés lors de la dom nër au théâtre ^ mais comme ce genre dramatique n'ëtoit guère du temps , il s'avisa «de rhabiller en comëdie , et la fit mettre depuis au jour sous le titre de Célimène. Depuis la mort de ce célèbre auteur , quelques - uns de ses amis ayant rencontré le premier crayon de sa pastorale imparfait , ont cru que c'étoit un ouvrage qui pourroit plaire au public ^ pourvu qu il fût achevé par quelque agréable plume.