‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 42 sur 432 · ACTE IV, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VI

Mon bonheur consistoit à les persécuter : Pour les fuir et chez vous suivre Tidolâtrie, fû laissé mes parens, j'ai quitte ma patrie, Etfidt choix à dessein l'un art peu glorieux, Pour mieux les dif&mer et les rendre odieux : Vais par une bonté qui n'a point de pareille, Et par une incroyable et soudaine merveille Dont le pouvoir d'un Dieu peut seul être l'auteur, Je deviens leur rival de leur persécuteur. Et soumets à la loi que j'ai tant réprouvée. Une âme heureusement de tant d'écueils sauvée : Au milieu de l'orage où m'exposoit le sort , Un ange par la main m'a conduit dans le port. M'a £adt sur un papier voir mes &utes passées Paur l'eau qu'il me versoit à l'instant effacées ; Et cette ssdutaire et céleste liqueur, Um de me refroidir m'a consumé le cœur, le renonce à la haine et déteste l'envie Qui m'a fait des chrétiens persécuter la vie; Leur créance est ma foi, leur espoir est le mien; / Cest leur Dieu que j'adore ; enfin je suis chrétien. Quelque effort qui s'oppose à l'ardeur qui m'enflamme , Les intérêts du corps cèdent à ceux de l'âme. Déployez vos rigueurs, brûlez, coupez, tranchez. Mes maux seront encor moindres que mes péchés.' le sais de quel repos cette peine est suivie , Et ne crains point la mort qui conduit à la vie. , . fâ souhaité long-temps d'agréer à vos yeux; < ' * iiqourd'hui je veux plaire à l'empereur des âeiix; ' kvous ai divertis, j'ai chanté vos louanges; D est temps maintenant de réjouir les anges , 0 est temps de prétendre à des prix immortels , Tome V. 5

n est temps de panser da théfttre aux aniels. Si je Tai mérité, qu'on me mèiie au martyre : Mon rôle est acbevé, je n'ai plus rien à dire.

BlOCLÉÏIElf.

Ta feinte passe enfin pour importunité.

GEVEST.

Elle vous dmt passer pour une vérité.

▼ALÉaiE.

Parle-t-il de bon sens?

MAXIMIir.

Croirai-je mes oreilles?

GElfEST.

Le bras qui m'a toudié Eût bien d'autres mervdlles.

blOGLlÊTIEir.

Quoi! tu renonces, traître, au culte de nos dieux?

geNest.

Et les tiens aussi faux qu'ils me sont odieux.

Sept d'entre. eux ne sonif plus que des lumières sombres

iMnt la foible clarté perce à peine les ombres,

Quoiqu'ils trompent encor votre crédulité ;

Et des autres le nom à «peine en est resté.

piOGLiÊTiEN se lestant.

O blasphème exécrable! o sacrilège impie, Et dont nous répondrons si son sang ne l'expie ! Préfet , prenez ce soin , et de cet insolent Fermez les actions par un acte slemglant Qui des dttbx îtrités satisfasse la hldne : Qui vécut au théâtre expire dans la scène ; Et si quelqu'axit», atteint du même, aveuglement, A part ensOR.CIovfait, qu'il Tait en son, tourment.

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