‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 420 sur 432 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LÉVIGILDE, seul.

JDiÊsiRS ambitieux, trompeuses vanités, Espérance frivole , apparentes clartés , Cessez, cessez enfin de me vouloir surprendre; Vos appas mensongers n'ont plus rien à prétendre : Je vous ai donné tout , il ne me reste plus Que les vives douleurs des regrets superflus. Brutales passions, rendez par votre ftiite Le calme et la douceur à mon âme séduite , Et qu'il me soit permis de punir mon forfait Par la vue et l'horreur du crime que j'ai fdt. Sentimens paternels , nature que j'outrage , Tendresse , c'est à vous de m'en offrir l'image ; Dissipez les brouillards et brisez le rideau Qui m'empêche de voir ce funeste tableau ; Aigrissez les remords de vos justes atteintes , Pour déchirer un cœur qui vous auroit éteinte» , Qui , pour n'écouter plus votre secrète voix,' D'un infâme intérêt s'étoit formé des lois.

Chère fille! ah! ce nom me reproche mon crime, Tome V, 4i

64a L'ILLUSTRE AMAZONE,

Quoi ! ton père a souffert que tu sois la victiine ,

L'objet des passions d'un tyran inhumaii|^ !

Bien plus , pour t'immoler je lui tenois la main,

Je t'ai vu sans horreur gémir dessous la chaîne :

Ta générosité me doimoit de la peint ;

Fille trop généreuse , esprit par trop constant ,

Je ne t'ai pas donné ce courage innocent.

Je ne puis rien prétendre $lux droits de ta naissance :

L'abus que j'en ai fait m'en ôte la puissance ;

Tu ne me dois plus rien , j'ai tout abandonné ,

Et je t'ai plus ôté que je ne t'ai donné. • *«

N'entends plus désormais ni nature ni père.

Et puisque ta vcftu t'a sêfvi d'utic ttiète ,

Va , qu'elle soit ton père et ton oonseii aussi.

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