ACTE IV, SCENE IL
N'ai -je point de parole et de terme assez fort? Apprends que si ta main m'empêche de le suivre , Qu'un moment après lui tu m'obliges de vivre , J'emploîrai contre toi ce funeste moment , Afin de me venger et venger un amant.
Qui t'a déjà trompé te pourra bien séduire.
AMALOIf.
Oui , mais pour vous ôter le loisir de me nuire , En une heure, madame, enfin résolvez -vous De me craindre en tyran ou m'aimer en époux.
JUDITH
De t'aimer ou te craindre il me fut impossible : Mais s'il te faut choisir pour tyran inflexible , Frappe , frappe , tyran , et ne m'épargne pas , Rends -toi digne du choix que je fais de ton bras.
AMALOJN^.
A qui voudroit mourir la mort est un délice : Mais il faut vous punir par un autre supplice. Couple ingrat , puisqu'enfin il n'est pour vous punir De supplice plus grand que de vous désunir , Que l'un soit mis à mort , et que l'autre survive.
JUDITH
Tu me condamne ainsi à mourir toute vive.
AMALOIf.
De ma part ordonnez qu'il soit en sûreté.
JUDITH
Ô rigoureux supplice !
FLAUCAT.
O douce cruauté !
Favorable sentence!
64o L'ILLUSTRE AMAZONE,
Et ces mâles esprits qu'une chrétienne ardeur Obligea d'immoler leur vie à leur pudeur; Et, si l'on me contraint de l'immoler au crime. Permettez que j'en sois le prêtre et la victime.
FIN DU QUATRiiWF. ACTE.